Ne le dites à personne

Publié le par SebO

Dimanche après-midi, bravant courageusement les éléments (pluie battante, vent à décorner les buffles, et surtout traditionnelle flemme dominicale), je suis allé m'enfermer dans une salle de cinéma pleine à craquer. Plusieurs films me tentaient, mais finalement suivant mon envie, mon instinct et les diverses critiques, j'ai opté pour Ne le dis à personne, le film de Guillaume Canet sorti il y a maintenant 3 semaines.

Avant tout, petite minute culturelle. Ne le dis à personne est l'adaptation d'un bestseller (comme on dit outre-Atlantique), Tell no one, un roman de l'auteur américain Harlan Coben, écrit en 2001, traduit depuis en 27 langues et vendu à plus de 6 millions d'exemplaires. Ce livre a reçu de nombreux prix lors de sa sortie, en faisant le thriller le plus décoré de l'année 2001. Depuis quelques années, Harlan Coben est le chouchou des critiques et a reçu lui-même pas mal de prix de littérature.

Avec un tel succès de librairie, autant dire que réussir l'adaptation cinématographique était un défi, un vrai de vrai. Et il faut dire ce qui est, Guillaume Canet l'a relevé avec brio.

 

Alexandre Beck est un pédiatre officiant dans une clinique de la région parisienne (les lieux, les noms et les fonctions des personnages ont été transposés des Etats-Unis à la France). Un e-mail anonyme le renvoie soudain 8 ans en arrière jour pour jour, au bord du lac où, alors qu'il célébrait avec sa jeune femme, Margot, l'anniversaire de leur premier baiser, celle-ci s'est faite enlever et assassiner par un tueur en série, pendant qu'il gisait inconscient, assomé. Alexandre ne s'est jamais remis de cette tragédie, et cet e-mail mystérieux l'interpelle d'autant plus qu'il contient des choses connues seulement de Margot et de lui, et qu'il conduit à une vidéo apparement en temps réel montrant Margot marchant dans la rue. Dans le même temps, deux cadavres non identifiés, morts depuis longtemps, sont déterrés par hasard lors de travaux près du même lac.

Alex, qui s'accroche désespérément à l'espoir fou que sa femme est toujours en vie, va alors chercher à retrouver Margot mais surtout à comprendre ce qui se cache derrière cette histoire mystérieuse. En parallèle, le commissaire Levkowitch, responsable de l'affaire, va lui aussi essayer de démêler cette énigme qui s'annonce pleine de surprises.

 

Au départ, j'ai eu un peu peur. En très peu de temps, beaucoup de personnages sont introduits, parfois très brièvement (on ne comprend qu'après un moment qui est le personnage de Kristin Scott-Thomas, par exemple), et on a une légère impression de confusion. Beaucoup de faits, beaucoup de personnages, c'est dense, il faut s'accrocher pour ne pas perdre le fil dès les premières dizaines de minutes. Et puis petit à petit les choses se clarifient (enfin, pas toutes, mais ça c'est normal, c'est un thriller), on prend ses repères, et on se retrouve embarqué dans l'histoire qui n'est finalement pas si complexe que ça. Chaque élément, chaque personnage, chaque information, représente une pièce d'un puzzle géant qui prend forme petit à petit au fil des 2 heures 5 du film.

Le scénario est original, à la fois étrangement simple et pourtant surprenant (la vérité cache parfois une autre vérité), bien construit, et on comprend facilement pourquoi le roman de Coben a pu avoir autant de succès. Mais le scénario ne fait pas tout. Pour un livre, le style est tout aussi important. Pour un film, c'est la mise en scène qui donne son cachet à l'adaptation, et force est de constater que Guillaume Canet a maîtrisé son sujet à la perfection. La mise en scène est (presque) parfaite, les poursuites caméra au poing sont haletantes, les lumières, les décors, tout contribue à donner au film une ambiance presque palpable, et les acteurs ne sont pas en reste.

Parlons-en, des acteurs. Ca n'est même plus une brochette, à ce niveau-là, c'est carrément tout le barbecue, avec François Cluzet en tête (je trouve qu'il surjoue un poil quand il est en colère, mais ça n'est que mon humble opinion), André Dussolier, François Berléand, Nathalie Baye, Kristin Scott-Thomas, Jean Rochefort, Olivier Marchal... Canet s'est fait plaisir sur le casting. Avec même un petit caméo d'Harlan Coben lui-même pour la route.

Même la musique est réussie, projet confié à Mathieu Chedid (M), qui a su composer une bande originale envoûtante (je ne suis pas particulièrement fan du garçon mais là je dois dire que j'ai été agréablement surpris).

 

Bref, même si Ne le dis à personne n'est pas le film du siècle (je n'en suis pas sorti complètement emballé non plus, comme ça a pu être le cas avec d'autres films. Peut-être que je m'attendais à un peu plus. Peut-être que j'ai placé mon degré d'exigence trop haut en me basant sur des critiques dithyrambiques. La chose à ne pas faire...), c'est une belle réussite. Guillaume Canet prouve avec ce film que le cinéma français ne sait pas faire que des comédies ou des films prise de tête et que non, les américains n'ont plus le monopole du thriller-qui-déchire. Bien joué.

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Publié dans D'autres choses

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A
Pour rester dans le sujet, moi je suis fan du cannelloni :D
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C
Personnellement, je trouve que c'est fou la vision qu'on peut avoir des choses de la réalité qui visuellement n'est pas la même que les amygdales des cases A et B (je fais un mix de tes derniers articles mais je veux en venir quelque part, je crois) parce que personnellement, moi, j'ai toujours vu, non pas Gandalf frapper le pont de son bâton, mais le pont se jeter contre le bâton de Gandalf. En tous cas on est d'accord, ça n'a rien à voir avec ce qu'il y a dans le bouquin ! (Où c'est l'indien des Village People qui fait basculer le Balrog dans le vide en lui envoyant un cannelloni dans la tempe).<br /> ...<br /> C'est sur quoi l'article déjà au fait ?!
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S
Pour quelqu'un qui met d'habitude des commentaires n'ayant aucun rapport avec l'article, tu fais référence à trois articles différents en un seul commentaire, je dois dire que je suis épaté.T'inquiète, le sujet de l'article n'a pas grande importance au final.
J
"J'étais curieux aussi, du coup j'ai soutiré les vers du nez de Jack qui avait lu le bouquin. Si tu veux je t'enverrai ça par mail."<br /> J'attends ton mail ;-)<br /> J'ai un peu la flemme de me taper le bouquin juste pour ça, et ne lire que la fin c'est un peu chiant aussi...
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S
Rhooo tu pourrais faire un effort quand même...   :pBon, ok, je t'envoie le mail.
J
Pour Gandalf et la scène du Balrog, vous êtes des aveugles ! On voit très clairement Gandalf frapper le pont pour que celui ci se brise au passage de la Bêêête ! Bande de n00bs !
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S
Boarf, on le voit planter fermement son bâton au sol, c'est tout, et on a plutôt l'impression que le Balrog fait écrouler le vieux pont sous son poids en avançant.Stoi n00b.
A
Je suis désolée, mais si le film de Jackson est génial, il s'est coulé une brique dans les jupons pour la scène du Balrog. Contrairement au bouquin, on n'a pas DU TOUT l'impression que c'est Gandalf qui fait tomber le balrog.<br /> <br /> <br /> <br /> XD
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S
"il s'est coulé une brique dans les jupons"   O_o