Le rat qui murmurait à l'oreille des cuistots
Vendredi soir, je suis allé encore une fois au ciné (décidemment ça n'arrête pas, quel djeun's je fais), cette fois-ci non pas pour voir Bruce Willis sauver le monde ou pour voir des robots géants se mettre sur le coin de la calandre, mais pour voir le dernier film d'animation en date des studios Pixar, en collaboration avec Disney, Ratatouille.
La dernière oeuvre en date du réalisateur de Ratatouille, Brad Bird, était Les Indestructibles, un film d'animation familial très sympathique. Au cours de ces dernières années, avec ce film et avec les autres, Pixar nous avait très souvent donné l'habitude de films d'animation de qualité, bien réalisés techniquement (et donc agréables à regarder), accessibles à tous (petits et grands), avec un humour intelligent mais omniprésent. Si on pense à Toy Story, par exemple (déjà 11 ans...), on se souvient de plein de gags, parfois visuels, parfois subtilement inclus dans les dialogues, on se souvient de références parodiques, bref, on se souvient d'éclats de rire en pagaille. Et cette règle se vérifie presque toujours pour tous les Pixar, parfois à des niveaux différents, mais globalemement c'est toujours plus ou moins la même recette, et ça marche du tonnerre.
Mais là, avec Ratatouille, la recette (oh oh oh) a changé. Il ne s'agit pas d'un revirement à 180°, peut-être est-ce simplement l'évolution logique des films d'animation, toujours est-il qu'on sent une nette différence avec ce qui se fait d'habitude chez Pixar.
Dans ce film d'1h50, on suit les aventures de Rémy, un rat français dont le goût et l'odorat sont ultra-développés, et qui possède une passion dévorante (oh oh oh) pour la cuisine (pas la pièce, hein, nous parlons ici de l'art culinaire, ne faites pas genre vous n'aviez pas compris, merci). Largué dans Paris, il tombe par hasard sur un jeune commis (pas super super doué) dans un grand restaurant, et vu que Rémy comprend les humains quand ils parlent (ah ben oui sinon ça serait moins drôle), ils décident de s'entraider. Je dirais bien "Et cette décision changera leur vie à tous jamais, ils vaincront ensemble obstacles et adversité, avant de se marier et d'avoir de nombreux enfants et de vivre heureux à jamais" mais ça serait spoiler le film. Et mentir aussi un peu quand même. :p
Alors oui, Ratatouille est un bon film. Techniquement, il est superbe, les p'tits gars de chez Pixar se sont surpassés et on en prend plein les yeux, notamment lors de quelques scènes où ça va très vite et où on reste là, assis dans notre siège, un peu emerveillé. Au niveau de l'histoire, même si ça reste trèèès classique, il y a de bonnes trouvailles, et les personnages, "gentils" comme "méchants", sont réussis et attachants (et pas du tout caricaturaux, non non non... ah si ok en fait j'ai encore menti).
Ce qui m'a fait sourire aussi (mais ça ça n'était pas prévu je pense), c'est qu'en 2007, les américains ont toujours une vision très particulière de la France et de Paris. On sent que des efforts ont été faits, mais ça reste un film américain, et ça se voit. Pour s'en convaincre, si le nombre de 4L dans les rues de Paris n'est pas suffisant, il suffit de voir le frigo qui fait la moitié de la taille de l'appartement du héros... :p
Mais même si on sourit pendant la plupart du temps (normal pour un film avec des rats, oh oh oh), Ratatouille est, à mon sens, beaucoup moins drôle que ses prédécesseurs. Il y a bien quelques gags ici et là, quelques situations qui prêtent à rire, mais les éclats de rire restent rares. J'ai plus ri devant Transformers que devant Ratatouille, par exemple...
Alors on sort quand même conquis, mais pour moi il manque un petit quelque chose. Ratatouille est un peu une démonstration de "film d'animation Pixar pour les grands". Ou pour les enfants sages. Une jolie histoire, avec tout plein de valeurs morales exemplaires dedans (l'affirmation de son identité propre, le dépassement de soi, le dépassement des différences, la confiance en soi et en les autres, le ridicule des stéréotypes obsolètes, et j'en passe...), mais justement, quand je vais voir un Pixar, j'ai aussi envie d'autre chose que d'une leçon de morale de 2 heures, aussi plaisante soit-elle. L'ingrédient qu'il manque à cette Ratatouille pour en faire un plat... euh, un film parfait, c'est juste quelques grains de folie...