The Departed
Vendredi après-midi, j'ai à nouveau profité de mon emploi du temps d'étudiant (c'est une honte) et de mes places tarif réduit (c'est une honte) pour aller m'enfermer dans une salle obscure et regarder le dernier film de Martin Scorsese, Les Infiltrés.

Ce film-fleuve, qui dure 2h30 (quand même), réunit un joli casting avec Leonardo di Caprio, Matt Damon et Jack Nicholson en tête, bien sûr, mais aussi Mark Wahlberg (je l'avais pas reconnu), Martin Sheen (le papa de Charlie) ou encore Alec Baldwin. Ce film traite d'un thème cher au coeur de Scorsese (enfin en tout cas on peut légitimement se faire la réflexion en voyant sa filmographie), des histoires de mafieux aux Etats-Unis.
Ici, l'action se déroule à Boston. Dans la scène d'ouverture, on découvre le parrain du coin, Frank Costello (Jack Nicholson) qui prend sous son aile le jeune Colin Sullivan. Vingt ans passent, et Sullivan (Matt Damon) finit l'Ecole de Police d'Etat, tout comme Billy Costigan (Leonardo di Caprio). Mais alors que Sullivan va être utilisé comme taupe par Costello dans l'unité spéciale de la Police d'Etat de Boston, le capitaine Queenan (Martin Sheen) et le sergent Dignam (Mark Wahlberg) chargent Costigan d'infiltrer la bande de Costello afin de réunir les preuves qui serviront, enfin, à le faire tomber un jour.
Remake d'un film chinois de 2002, Infernal Affairs, le dernier long-métrage de Scorsese est donc un jeu du chat et de la souris, où tout le monde épie tout le monde, où tout le monde se méfie de tout le monde, et où les taupes, ou plutôt les "rats", risquent leur peau à chaque instant. Une ambiance idéale pour réaliser un film sous tension du début à la fin, et le pari est réussi. On ne voit pas passer les 2 heures et demi, l'histoire se déroule de manière fluide, alternant des scènes de développement des personnages et des scènes bien tendues, mais sans que jamais l'étau ne cesse de se resserrer, jusqu'au final qu'on pourrait qualifier de... brutal, dans tous les sens du terme.
Car Les Infiltrés est un film sans concession. Pas de morale holywoodienne à deux balles, pas de demi-mesures, mais du vrai, du franc, du brut de décoffrage, comme souvent (toujours ?) dans les films de Scorsese. Gangs of New York racontait l'histoire violente de la naissance de la ville, Les Infiltrés raconte l'histoire violente de la lutte entre la police et le crime organisé. Pas violente dans le sens où tout le monde se tabasse ou se tire dessus à tours de bras (enfin pas toujours), mais violente dans l'esprit.
Jack Nicholson se fait plaisir, et ça se voit, en jouant un méchant d'anthologie, un avatar ultime du mal selon ses propres termes. Les autres acteurs se surpassent également, on n'observe pas une seule fausse note, et on est à fond dedans du début à la fin.
Mais, car il y a toujours un mais (ça ne serait pas drôle sinon), étrangement, Les Infiltrés m'a laissé un arrière-goût de quelque chose de manqué, d'inachevé, que je ne saurais absolument pas expliquer. Peut-être la fin, pas assez développée à mon goût, ou traitée de façon un peu trop rapide. Une petite impression de "Tout ça pour ça ?", peut-être. Franchement, je n'en sais rien. Mais j'ai trouvé qu'il manquait, vous savez, le "truc", l'étincelle, qui aurait pu en faire un film génial.
Ah oui et aussi, mais ça c'est complètement personnel, le fait que les deux acteurs principaux (Leonardo di Caprio et Matt Damon) se ressemblent pas mal physiquement dans ce film (enfin j'ai trouvé), ce qui fait qu'au début on a un peu de mal à les différencier et donc à dire quelle scène est avec qui. Enfin c'est quand même minime hein, n'exagérons rien.
Au final, un très bon film de thème, bien mené, bien joué, prenant, avec peut-être une fin un peu trop rapide et un petit quelque chose qui manque, quand même, mais rien de flagrant. Bref, si vous aimez les films de ce type, si vous aimez Scorsese, vous aimerez Les Infiltrés. Et pour les autres, franchement, si vous avez quelques heures de libre, allez-y, il vaut le coup d'oeil.