La colline fait trop flipper sa race
J'ai un problème. J'adore regarder des films, bien sûr il y a des genres que je préfère, mais en général je suis assez bon public. Bon, ça m'empêche pas d'être assez critique, quoi qu'en pensent certains, mais tout ça pour dire que j'aime bien regarder des films, quels qu'ils soient.
Mais j'ai un problème... Je pense que ça vient de moi, parce qu'apparemment les autres gens ne sont pas d'accord avec moi. Je crois que j'en ai eu la preuve hier soir. Je voulais faire une sorte de test ultime, je l'ai fait, et le résultat est sans appel.
J'ai un problème. Je ne suis pas fait pour les films d'horreur. Ou alors les films d'horreur ne sont pas faits pour moi, j'en sais rien, toujours est-il que les films d'horreur et moi, on n'est pas copains.
Quand j'étais petit, j'en regardais très peu. Mes seuls souvenirs sont ceux d'un Halloween, je crois, je ne sais plus lequel, où un mec et sa copine sont en train de faire des cochonneries dans une grange et où le mec se fait transpercer à coup de fourche par le vilain tueur. Je crois que juste avant y'a une scène avec un chat (y'a toujours des scènes avec un chat ou un chien parti dans la nuit et qu'un personnage part chercher, seul bien sûr, en criant le nom de l'animal, et nous on se dit "Oh mon dieu mais ne fais pas ça le tueur rôde !" et en fait le personnage se fait jamais tuer à ce moment-là parce que tout le monde s'y attend et ça serait pas drôle...). Si ça se trouve je l'ai même pas vu en entier. Enfin je me souviens juste de celui-ci parce que la nuit venue j'avais fait un cauchemar dans lequel le tueur me poursuivait dans tout l'immeuble. Mais en fait je lui échappais en passant par le balcon, j'étais super balèze. Bref... Je devais avoir onze ou douze ans.
Depuis, je ne me rappelle pas d'un seul film d'horreur qui m'ait vraiment fait peur. J'ai beaucoup aimé le premier Scream, à l'époque, mais c'était différent, il y avait un certain second degré, et un semblant de mystère sur "Mais qui est le tueur ?", et ça j'aime bien. Et puis il y a des films qui font sursauter à certains moments (un chat qui saute sur la table, une personne qui apparaît soudainement à la fenêtre), mais bon c'est pas référence, même dans Robin des Bois Prince des voleurs avec Kevin Costner il y a une scène comme ça, et c'est pas vraiment un film d'horreur. Mais bon, je n'ai encore jamais vu de film où je sois vraiment flippé, terrorisé, angoissé ou même juste mal à l'aise.
Et puis j'ai entendu parler de La colline a des yeux, le remake du film de Wes Craven, et j'ai entendu des tas de très bonnes critiques à son propos. Me disant que c'était l'occasion où jamais de mettre à l'épreuve ma théorie comme quoi j'avais un problème, j'y suis donc allé hier soir.

C'était effectivement l'occasion ou jamais, puisqu'il n'y avait plus qu'un cinéma à Lyon qui le passait, et à une séance unique, 22h45. Et aujourd'hui il a été enlevé de la programmation. Comme l'a si justement dit le grand philosophe Eddy Mitchell, c'était la dernière séance.
Dans l'introduction de son film, le réalisateur nous présente des dizaines d'images d'essais nucléaires entrecoupées de photos de bébés déformés, le tout sur une musique entraînante qui tranche avec le reste. Le message est clair : le nucléaire, c'est mal. C'est d'ailleurs la colonne vertébrale du scénario : les essais nucléaires dans une zone désertique du sud des Etats-Unis ont entraîné des mutations chez la population locale, qui a refusé de quitter les lieux malgré une demande du gouvernement. Du coup les mutants en question sont devenus des monstres avides de chair humaine (sinon ça serait pas drôle), et ils piègent les pauvres touristes égarés dans le coin avant d'en faire leur quatre heures. C'est là qu'entre en scène la parfaite famille américaine, républicaine, prières et gros flingues, avec les parents qui fêtent leurs 25 ans de mariage, les trois enfants, les deux plus jeunes autour de vingt ans (on notera la présence d'Emilie De Ravin, la Claire de Lost), et l'aînée un peu plus agée, venue avec son mari et leur bébé. Et n'oublions pas les deux bergers allemands de la famille, bien sûr (voir plus haut). Ils se font piéger comme des bleus et lorsque les mutants passent à l'attaque, ça fait mal. Mais les méchants sont mis en fuite et les survivants s'organisent pour lancer l'opération "contre-attaque / résistance". Je ne vous raconte pas trop de choses pour pas gâcher le plaisir du petit jeu "Qui va mourir, qui va pas mourir ?" auquel on s'adonne forcément devant ce genre de film.
J'ai fait un effort pour me mettre dans le film, promis-juré. Mais je ne sais pas, j'ai décroché assez vite. Des longueurs, des petites incohérences, des trucs un peu trop "gros" ou classiques, ces éléments m'ont fait sortir du film et ensuite impossible de me remettre dedans. Et du coup, une fois de plus, j'ai été déçu. Je n'ai pas eu peur, je n'ai pas été angoissé. En sortant de la projection, j'étais un peu triste. Surtout que Thanos avec qui j'étais m'a dit qu'il avait bien aimé. Ca confirmait ce que je pensais. Les films d'horreur, c'est pas fait pour moi... :(
Bon, en tout cas, j'ai pas perdu ma soirée, parce que non seulement j'ai mangé un Big Tasty (c'est booon...), mais en plus je suis rentré en vélo, à une heure du mat', dans les rues désertées de Lyon, avec mon coupain Thanos. Et ça, c'était classe... Les Velo'v, c'est quand même une chouette invention.
Bref, si jamais vous avez sous la main le titre d'un film qui fait trooop peur, super flippant, que les gens ils tremblent en se serrant les uns contre les autres en le voyant, je suis preneur. J'aimerais bien avoir peur en regardant un film, un jour...