Reality show

Publié le par SebO

Non non, rassurez-vous, je ne vais pas vous parler des nouvelles saisons de L'île de la tentation sur la Une ou de L'amour est dans le pré de la 6. Enfin ça n'est pas complètement exclu que j'en parle à un moment ou à un autre, mais aujourd'hui c'est bande dessinée. Et comme le titre de l'article aura pu vous le laisser penser, la bande dessinée de la semaine c'est Reality show, scénario de J.D. Morvan et dessin de Francis Porcel.

 

Pour rappel, Morvan est aussi le scénariste de pas mal d'autres séries, dont Sillage, Nomad, Merlin, Zorn & Dirna, ou encore (feu) Fleau.world, et j'en passe... Ceux pour qui ces noms évoquent quelque chose savent donc que ces séries visent des publics de toutes sortes, de tous âges, avec des centres d'intérêts différents, etc...

Reality show, quant à elle, est une série clairement orientée vers un public adulte. Si c'était un film, il serait sans doute interdit au moins de 16 ans. De la violence, des scènes gores, du sexe, cette bande dessinée n'est pas à placer entre toutes les mains. On est assez loin de Martine à la plage.

Jusqu'à présent, les trois tomes du premier cycle (intitulé Première saison) sont sortis, on a donc une histoire complète à disposition, même si la fin laisse présager d'une suite (laissez-moi deviner... Deuxième saison ?), que l'on peut espérer incessamment sous peu (le dernier tome en date étant sorti l'année dernière).

Cette série de science-fiction se passe dans une Espagne futuriste, où l'homme a colonisé Mars, où les robots s'occupent de toutes les tâches quotidiennes (travail, ménage,...), et où les gens souscrivent des abonnements à des émissions de télé-réalité toutes plus "concept" les unes que les autres, pour suivre grâce à un casque de visionnage ou un simple téléviseur les prouesses en direct de pompiers, de soldats, de boxeurs, grâce à des mini-caméras mobiles qui suivent les protagonistes de partout. L'un des personnages principaux est le Capitaine Norman Barron, flic superstar de l'émission vedette de la Mediacop, qui diffuse en direct les exploits du Capitaine Barron (arrestations, enquêtes, mais aussi vie privée...). Le deuxième personnage principal est la jeune Oshii Feal, aspirante policier très douée, ayant plus ou moins le béguin pour le beau Norman, bien qu'elle ne l'ait jamais rencontré autrement que via caméra interposée. Et là rentre en scène... tadaa !.. un tueur masqué à la force physique prodigieuse, qui tue l'équipier de Barron avant de prendre la fuite. Je vous passe les détails, mais Oshii se retrouve propulsée sur les devants de la scène, à la poursuite du mystérieux tueur, et découvre bien vite qu'il n'y a pas grand-chose de réel et encore moins de spontané dans ces émissions de télé-réalité.

 

Cette série est un mélange efficace de plusieurs genres : science-fiction, thriller, mais aussi une réflexion intéressante sur la rançon de la gloire et une forte critique de la télé-réalité et de ses dérives. L'enquête est palpitante, le scénario original et bien ficelé, les personnages bien travaillés. Le dessin, s'il peut paraître un peu "simpliste" par endroits, est globalement de bonne qualité. Le fait que l'histoire soit clôturée en trois tomes est aussi un bon point.

Bref, une très bonne bande dessinée "pour les grands", qui ne plaira pas à tout le monde, certes, mais qui mérite au moins un coup d'oeil.

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Publié dans Des bandes dessinées

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