Desperate Audience
Après avoir vu les six premiers épisodes de la première saison, je vous parlais il y a pile trois semaines de la série Desperate Housewives, et de son aspect prometteur.

Maintenant que j'ai vu l'intégralité de la première saison (j'ai regardé le vingt-troisième et dernier épisode cet après-midi même), je suis en mesure de donner un avis sur des bases un peu plus solides.
Et ce que j'avais prédit s'est confirmé : je suis fan. Et je pense savoir pourquoi je suis loin d'être le seul dans ce cas. Cette série est un subtil mélange d'ingrédients destinés à provoquer l'intérêt chez un très large panel de téléspectateurs. On pourrait croire a priori que la cible privilégiée est la fameuse "ménagère de moins de 50 ans", du fait de la nature des personnages principaux, ces quatre héroïnes des temps modernes qui sont à la fois des caricatures et à la fois... pas tant que ça. Et on n'aurait pas tort, tant une partie de la série est centrée sur ces femmes, sur leurs rapports avec leurs maris, leurs enfants, leur entourage, mais aussi sur leurs aspirations, leurs inquiétudes, finalement sur leur vie de tous les jours... Ca donne un peu l'impression de "les femmes parlent aux femmes".
Mais se focaliser uniquement sur cet aspect serait une grave erreur. Ce serait oublier tout le côté mystères, enquêtes, meurtres, trahisons, face obscure des personnages. Tout est là pour rendre accro l'amateur de thriller. Il semble parfois que la quasi-totalité des habitants de Wisteria Lane sont des psychopathes en puissance, et que tous ou presque cachent de noirs secrets. Mais en prenant un peu de recul, le tout est si finement inséré dans l'aspect "vie quotidienne", tout (ou presque) devient si crédible, qu'on se dit "Pourquoi pas ? Mais oui, ça pourrait être mes voisins, ça pourrait être mes amis, ça pourrait être moi...". Par l'intermédiaire de la voix off de la défunte Mary-Alice, dans l'introduction et la conclusion de chaque épisode, la série se paie même le luxe d'offrir parfois une réflexion pas si superficielle que ça sur la nature humaine, la vraie, la profonde, avec sa partie visible et sa partie cachée.
Le ton est parfois grave, mais il est aussi souvent très léger, et c'est une force supplémentaire de la série. On sourit, on rit même, on s'amuse de et avec les personnages. On s'attache à eux. Oui, encore une fois, ça pourrait être nos voisins. Et c'est ça la grande force de la série. En plus de toutes les qualités citées, le fait que ça soit à la fois tellement palpitant et tellement ancré dans la réalité.
Bref, vous l'aurez compris, Desperate Housewives vaut le détour. Si vous suivez déjà la série sur la 6, vous savez de quoi je parle, sinon, pour les autres, il ne reste plus qu'à vous procurer les DVD.
Quant à moi, j'ai un problème. Naïf comme je suis, je pensais que cette série, vus son côté un peu atypique et le déroulement de l'histoire, allait tout résoudre dans les derniers épisodes. Pas de cliffhanger entre les saisons, mais des histoires bien séparées les unes des autres, un peu comme dans 24 (j'ai dit un peu). Ah ah, cruelle désillusion. Si certains secrets sont dévoilés, si certains mystères sont expliqués, les derniers épisodes de la première saison font un merveilleux travail d'introduction de nouveaux éléments d'intrigue. Du coup, il ne me reste plus qu'à téléc... qu'à me procurer de façon tout à fait légale les épisodes de la saison 2 (dont la diffusion est déjà terminée aux Etats-Unis pour information). Susan et ses voisins me manquent déjà...