Le Collège invisible
J'aurais effectivement pu vous parler aujourd'hui du collègue invisible, il y en a un dans toutes les boîtes, le gars toujours un peu à part, dans son monde, et dont plus de la moitié du personnel ne connaît pas le prénom alors qu'il est là depuis douze ans. Il y en avait un comme ça dans mon ancienne boîte, il devait avoir 30-35 ans, il se levait tous les jours à 4h du matin pour jouer à Dark Age of Camelot, un jeu en ligne (si ça se trouve depuis le temps il a fini chez le psy. Parce que franchement, se lever à 4h du matin alors qu'on commence le boulot à 9h, il faut avoir un grain), il ne parlait à personne, et il s'appelait... euh... attendez... ben non je me rappelle plus.
Mais on est mercredi, alors je vais plutôt vous parler d'une BD, en l'occurence Le Collège invisible, scénario d'Ange et dessin de Donsimoni.

Cette série, dont le dernier tome en date, le cinquième, est sorti il y a trois mois, raconte l'histoire d'un jeune garçon, Guillaume, cheveux en bataille et lunettes sur le nez, qui suit des cours de... magie, dans une école un peu spéciale cachée au coeur d'un vrai lycée pour ne pas éveiller les soupçons. Il n'a pas de cicatrice sur le front, mais son cousin, mystérieusement appellé "Tu-sais-qui", se balade avec une chouette blanche sur l'épaule. Guillaume, véritable quiche en magie, va être entraîné malgré lui dans des aventures impliquant dragons, loups-garous, fées, lutins, trolls, voyages astraux, duels magiques, et gros monstres en tout genre. En parallèle, il va aussi se faire des amis et des ennemis parmi ses copains/copines de classe et parmi les profs, mais les "particularités" de ses compagnons permettront à la petite bande de se sortir de bien des situations périlleuses.
Alors c'est clair, Le Collège invisible surfe sur la vague Harry Potter et ne s'en cache absolument pas. Le jeune magicien et ses potes à qui il arrive plein d'aventures extravagantes, ça sent le réchauffé. Et pourtant, cette série arrive à se démarquer complètement de sa référence principale, de par son ton et son originalité. Le Collège invisible fourmille de clins d'oeil, à Harry Potter bien sûr, mais pas seulement ("Dites "ami" et entrez - J'ai jamais rien compris à cette énigme") et arrive à nous faire entrer, un peu comme pour les livres de J.K. Rowling, dans un univers qui devient très vite familier et au sein duquel on se plaît à évoluer.
Le scénario, sans être renversant d'originalité, est bien ficelé et les différentes histoires s'enchaînent adroitement, permettant de résoudre la plupart du temps un problème donné en un tome, mais faisant également évoluer l'intrigue de fond. Le ton est léger, l'humour omniprésent (jeux de mots, clins d'oeil, situations), les personnages attachants, et les phases d'action sont très bien traitées.
En voyant la couverture, le titre, le thème, le style graphique, on pourrait croire que Le Collège invisible s'adresse en priorité à un public jeune. Et c'est peut-être le cas. Mais il ne faut pas toujours se fier aux apparences, et je pense qu'on peut apprécier cette BD à tout âge sans problème. Le meilleur moyen de vérifier, c'est encore d'essayer, non ?
Sinon, rien à voir avec Le Collège invisible, mais vu qu'on parle de BD, si ça vous intéresse, du 20 mars au 17 avril aura lieu à Aix-en-Provence la 3ème édition des Rencontres du 9ème art.
Un bon nombre de scénaristes, dessinateurs et coloristes sont invités (liste complète sur le site officiel du festival), avec un week-end de dédicaces du 31 mars au 2 avril.
Il n'y aucun des auteurs/dessinateurs associés aux BD dont je vous ai déjà parlé, mais il y a des pointures, comme Tarquin, Arleston, Trondheim, Guarnido, Maester, Dany, Ptiluc, et j'en passe... Donc voilà, si vous aussi vous aimez attendre 3 heures à faire la queue pour avoir un chti dessin, on se retrouvera peut-être sur place, qui sait...