C'est de la camelote, cette lance !
Oh oh oh quel magnifique jeu de mots j'en ris encore tellement c'est drôle... Hum... Bon là forcément vous ne comprenez pas puisque vous ne savez pas encore de quel jeu je vais parler cette semaine. Du coup, pour que vous puissiez vous aussi rire à vous en tenir les côtes, il faut que j'éclaire votre lanterne. Le jeu de la semaine met donc en scène des chevaliers qui joutent dans des tournois spectaculaires, et s'appelle Camelot (ah ah ah ! ... Hum... Bref...).

Camelot est un jeu de cartes pour 2 à 5 joueurs, et une partie peut durer entre 20 minutes et une heure, en fonction du nombre de joueurs et de leur manière de jouer. Dans la boîte, on trouve 110 cartes et des petits jetons en plastique de 5 couleurs différentes (vert, bleu, jaune, rouge et violet). Les joueurs incarnent donc des chevaliers du Moyen-Âge, dont le but va être de remporter des joutes, ou tournois. Chaque tournoi remporté fait gagner un jeton d'une couleur précise, le but du jeu étant d'avoir un jeton de chaque couleur.
Les cartes sont divisées en trois types : les cartes de couleur, qui correspondent aux cinq couleurs des jetons, et donc des tournois. Il y a 14 cartes par couleur, et ces cartes ont chacune une valeur, qui va de 1 à 7. Ensuite, les cartes blanches, au nombre de 20, qui sont des cartes de soutien. Ces cartes ont aussi une valeur, qui va de 2 à 6. Enfin, 20 cartes d'action, sur lesquelles un texte indique quel est l'effet de la carte lorsqu'elle est jouée.
Toutes les cartes sont mélangées en début de partie, et chaque joueur se voit distribuer 8 cartes de la pile. Le premier joueur va alors choisir une couleur de tournoi, piocher une carte, et il va avoir la possibilité de jouer autant de cartes qu'il le souhaite, dans l'ordre qu'il veut. La seule restriction est que s'il joue des cartes de couleur, il faut que ces cartes correspondent à la couleur du tournoi annoncé. S'il a annoncé un tournoi rouge, il va alors pouvoir jouer une ou plusieurs cartes rouges, des cartes de soutien et des cartes d'action. Le joueur suivant pioche une carte à son tour, puis à le choix d'abandonner ce tournoi, auquel cas il ne fait plus rien jusqu'à ce qu'il y ait un gagnant au tournoi en cours, ou alors il peut lui aussi jouer des cartes, à condition que la valeur totale de la ou les cartes jouées dépasse celle du joueur précédent. Le tour de table continue ainsi, jusqu'à ce que tous les joueurs sauf un abandonnent, soit par choix, soit parce qu'ils ne peuvent pas monter plus haut que le joueur précédent. Le gagnant prend le jeton correspondant à la couleur du tournoi (sauf dans le cas d'un tournoi violet où il choisit son jeton), toutes les cartes jouées par tous les joueurs sont défaussées, puis le gagnant annonce une nouvelle couleur de tournoi et c'est reparti pour un tour.
Il existe des petites subtilités, comme le fait que toutes les cartes jouées lors d'un tournoi vert valent 1 quel que soit le chiffre indiqué sur la carte, ou comme le fait qu'un joueur qui perd un tournoi alors qu'il avait joué une Dame (carte de soutien de valeur 6) se voit retiré un jeton. De même, le gagnant d'un tournoi ne gagne pas de jeton s'il a déjà le jeton correspondant à cette couleur.
On retouve donc un système très proche de celui de Condottière, avec différentes tactiques possibles, comme celle de stocker les cartes en ne participant pas aux tournois pour laisser les autres se défausser et passer ainsi en position de supériorité numérique, ou au contraire de bourriner à tout va en jouant toutes ses cartes sur un gros coup. Mais Camelot est à la fois plus équilibré et plus fun que Condottière. Plus équilibré parce que le système de jeu empêche justement un monopole trop important d'un joueur sur les autres même s'il a un peu plus de cartes, et plus fun grâce aux cartes action, qui viennent pimenter tout ça en permettant des échanges de cartes, des suppressions de cartes chez l'adversaire, voire même des changements de couleur en plein milieu d'un tournoi !
Au final, Camelot est un jeu vraiment très sympa, très accessible (pas de règles compliquées, un mécanisme simple), fun avec quand même une certaine profondeur de jeu (on peut élaborer des semblants de tactique), ce qui est relativement rare. Le facteur chance et le facteur stratégie sont agréablement dosés, les parties ne sont pas trop longues, bref, si vous ne l'avez pas encore essayé, je vous conseille vivement de le faire au plus vite, vous ne le regretterez pas.