Arcanes
Vous n'y croyiez plus et pourtant non, vous ne rêvez pas ! Sous vos yeux ébahis, après quasiment trois mois d'absence (quand même), les critiques de BD reviennent ! Non, non, ne me dites pas merci, je sais que vous les attendiez, les millions de lettres de fans épleurés que j'ai reçu en sont le témoignage vivant (je sais, une lettre, ça n'est pas vivant, mais j'y peux rien c'est comme ça qu'ils disent à la télé). Mes petites bandes dessinées adorées ont plutôt bien survécu au déménagement, et après une période de quarantaine pendant laquelle elles se sont assurées que le nouvel environnement n'était pas dangereux (des paires de ciseaux enragés, des marqueurs indélébiles débouchés, des gens avec des glaces...), elles ont accepté de sortir à nouveau de leur bibliothèque.
Et pour inaugurer la saison je vais vous parler de la bande dessinée Arcanes, scénario de Jean-Pierre Pécau et dessin de Campoy et Pignault (tomes 1 et 2) et de Kovacevic (tomes 3 et 4).

Cette série est en cours et compte pour l'instant 4 tomes, le premier datant de 1998. Tous les tomes suivent une trame identique et ont les mêmes personnages principaux, mais les trois premiers tomes constituent chacun une histoire en tant que telle, alors que le quatrième débute une intrigue qui sera complétée dans le cinquième tome (à paraître). La série Arcanes a donné naissance à deux spin-offs (des séries différentes mais tirées de la première), Arcane majeur, dont je vous parlerai sans doute un jour, et L'histoire secrète.
L'univers de cette bande dessinée est on ne peut plus contemporain, l'action se passant de nos jours (hormis quelques flashbacks), principalement aux Etats-Unis, et sans aucun élément de science-fiction, d'univers parallèle ou quoi que ce soit. Simplement, dans Arcanes, on apprend qu'il existe sur Terre des joueurs, qui sont des personnes nées avec un don particulier, celui de manipuler les probabilités des événements à venir grâce à des jeux de cartes spéciaux. Grâce aux pouvoirs tirés de ces cartes (il existe des jeux plus ou moins puissants, plus ou moins anciens), les joueurs peuvent faire des "passes" et puiser de la chance pour l'utiliser en leur faveur (c'est ce qui est appelé phénomène RS). Selon son niveau (représenté par l'ordre des cartes : 7, 8, 9, 10, Valet, Cavalier, Dame, Roi), un joueur pourra ainsi faire tomber une pièce toujours du côté face, par exemple, faire en sorte que l'arme d'un assaillant s'enraye ou encore faire apparaître une route au milieu d'une forêt inconnue. Quand on dit "il y avait une chance sur un million que ça marche", c'est qu'un bon joueur était dans le coin.
Le héros de la série est Walter Duncan, agent (malgré lui ?) de l'agence gouvernementale Stargate qui regroupe des joueurs effectuant des missions pour le compte des Etats-Unis. Baroudeur, solitaire, un peu rebelle, il compte sur ses cartes mais aussi sur son gros flingue pour le sortir d'affaire. Au fil des aventures, il va faire la rencontre de plusieurs personnages, comme la mystérieuse Pandora qui semble vouloir lui révéler pas mal de choses sur les phénomènes RS et sur Stargate.
Alors, disons-le tout de suite, Arcanes n'est pas la bande dessinée du siècle. Le principal attrait de cette série est le concept des phénomènes RS, principe original et séduisant qui permet pas mal de choses intéressantes au niveau du scénario. Malheureusement, on a l'impression, surtout dans les premiers tomes, que ce concept prometteur n'est pas exploité à son plein potentiel. Et puis, au fil des tomes, on s'aperçoit quand même que l'univers gagne en profondeur, que les intrigues deviennent moins classiques et plus intéressantes. Alors que dans les premiers tomes on a un goût d'inachevé, avec des histoires à la limite du fade, brillant simplement par la présence de la pépite "RS", la suite (pour moi ça commence au troisième tome et ça se confirme avec le quatrième) est plus fournie. Niveau dessin, c'est du très classique (ce qui ne veut pas dire que ça n'est pas bien dessiné), et le changement de dessinateur en cours de série se voit quand même mais les styles graphiques sont très proches et ça n'est donc pas traumatisant pour le lecteur.
Globalement, Arcanes est une série sympa, surtout, encore une fois, par son concept séduisant (les joueurs, les cartes, la manipulation de la chance). Sympa, oui, c'est ça. Ni mauvaise, ni extraordinaire, une petite série pour passer un bon moment, certes pas inoubliable, mais plaisant. C'est toujours ça de pris...
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Il y a cinq ans déjà (pour dire, je ne m'en souvenais même plus), j'ai eu la chance de me faire faire une petite dédicace par Roland Pignault, le dessinateur des deux premiers tomes. Donc, comme à chaque fois que c'est possible, je vous fais partager ça. C'est la frimousse du héros, Walter Duncan. D'habitude je me fais plutôt dessiner les héroïnes, mais à l'époque, le tome 4 n'était pas sorti et je ne connaissais pas encore l'existence du Capitaine Delveaux. Quand à Pandora...
Vous pouvez cliquer sur le dessin pour le voir en plus gros.
