La légende de Robin des Bois
Figurez-vous que je reviens tout juste des courses (heureusement que c'était à 500 mètres de chez moi parce que 12 litres de boisson plus plein d'autres trucs, ça prend de la place et c'est lourd, et avec la chaleur, ça arrange pas les choses), et que j'ai halluciné, un mec était sur un escabeau au beau milieu du rayon vêtements (vous savez les trucs en textile, et toutes ces matières qui prennent feu généralemnt assez vite), pour réparer un truc au plafond apparemment, et au moment où je suis passé près de lui il a allumé son chalumeau. Oui, un chalumeau, un vrai, un gros, avec une flamme de 50 centimètres. Vu comme il était près des rayons de vêtements il avait pas intérêt à se louper. Et bien évidemment, c'est dans ce genre de moments que je n'ai pas mon appareil photo sur moi... Bref...
Bon, avec un jour et demi de retard (bouuuh...), voici quand même ma pitite critique de bande dessinée de la semaine. Comme expliqué précédemment je vois pas trop les journées passer en ce moment, mes plates excuses pour ce retard. Et du coup, on va laisser tomber les grandes sagas cette semaine, puisque je me suis rendu compte que j'avais pas mal de "one-shot" (des histoires complètes en un seul tome) dans ma ptite bibliothèque et qu'il faudrait bien que j'en parle un jour ou l'autre. Et je commence pas par la pire puisque je vais vous parler de La légende de Robin des Bois, scénario et dessin de Manu Larcenet (et oui, encore lui).

Vous allez encore dire que de toutes façons je ne suis pas objectif avec ce cher Manu, et bien c'est totalement faux puisque je garde sous le coude une BD de lui que je n'ai pas trop aimé (*murmures d'incrédulité dans l'assemblée*).
Celle-là, en revanche, j'ai adoré. La légende de Robin des Bois est donc un one-shot, divisé en petites histoires de quelques pages, mais avec un fil conducteur général, qui est la vie de Robin des Bois (le titre de la BD est vachement bien trouvé, du coup). Mais c'est un Robin des Bois un peu particulier puisqu'il habite dans la forêt de Rambouillet, a 75 ans bien tassés, et est affecté de la maladie du sieur Alzheimer. Accompagné de son plus-que-fidèle Petit Jean, son credo est pourtant toujours le même : voler aux riches pour donner aux pauvres. Enfin, presque... Car comme il le dit lui-même : "L'affection du sieur Alzheimer me paralyse tous les jours un peu plus. Il m'arrive trop souvent de voler aux riches sans plus me souvenir à qui je dois donner le pognon...".
En feuilletant les premières pages de cette bande dessinée, je suis tout de suite tombé sous le charme. Pourquoi ? Tout simplement parce que je rigolais tout seul dans la librairie, et ce toutes les cinq secondes. Le ton général est complètement loufoque, et c'est une mine de répliques et de situations hilarantes, dont certaines deviendraient sans doute cultes (à l'instar de La cité de la peur, le film de Les Nuls) si La légende de Robin des Bois était plus connue et plus largement diffusée. Entre Robin qui est complètement gâteux et chante du Carlos ou du Annie Cordy quand il perd la boule, Petit Jean avec son batôn, son réalisme ("Ne nous emballons pas, messire Robin. Nous nous essouflons à la moindre côte, nos sphincters n'assurent plus tout à fait l'étanchéité de nos divers orifices... Nous sommes vieux, en somme...") et ses sentiments cachés pour Robin, le Shériff de Nottingham avec son étoile, son Stetson et son Colt ("Blood and guts !"), et des apparitions de Frère Tuck (qui a bien changé), de Lady Marianne (qui a bien changé), de Tarzan (qui n'a pas trop changé mais cache de sombres secrets), et d'arbres qui parlent, on a une galerie de personnages et un potentiel de n'importe-quoi-qui-fait-rigoler comme seul (ou presque) Larcenet sait les faire.
Bref, vous l'aurez compris, je suis fan de cette BD. Et je ne peux que vous conseiller de l'essayer. Allez dans une librairie, lisez les 3... allez, on va dire les 6 premières pages (la première petite histoire). Si ça ne vous fait pas rire, reposez-la et allez plutôt regarder Derrick. En revanche, si les gens commencent à vous regarder de travers parce que vous vous marrez comme un(e) bossu(e), vous savez ce qu'il vous reste à faire... Non, pas la lire jusqu'à la fin et la reposer, bande de petits parasites, mais l'acheter ! ;)