Garulfo
Bon, trois semaines sans bande dessinée, je suis sûr que vous commenciez à vous inquiéter sérieusement. Si si, avouez, vous vous disiez "Ca y est, nos repères hebdomadaires disparaissent les uns après les autres, sous un fallacieux prétexte d'examens, dont l'authenticité reste d'ailleurs encore à prouver, on n'a plus droit ni aux critiques de jeux ni à celles de bandes dessinées, c'est vraiment n'importe quoi, ce site va à vau l'eau, si c'est ça l'ambiance je préfère travailler pour faire plaisir à mon patron plutôt que de perdre dix minutes à lire chaque jour ces inepties...". Vous pensiez exactement ça. Mot pour mot. Surtout "fallacieux". Ouais ouais on me la fait pas à moi.
Bref, soufflez trompettes et sonnez musettes (ou un truc comme ça), car nous voici repartis comme en 40 (cette expression ne veut rien dire, mais tant pis, c'est la vie), la bande dessinée de la semaine est de retour ! Et je ne me fous pas de vous puisqu'aujourd'hui c'est du gros, du lourd, du costaud : je vais vous parler de Garulfo, scénario de Ayroles et dessin de Maïorana.

Cette série, qui a quelques années déjà, est une histoire complète et terminée, en six tomes. C'est même un peu plus subtil que ça, puisque les deux premiers tomes racontent une histoire avec une vraie fin, et que les quatre tomes suivants reprennent l'histoire pile où elle s'était "arrêtée" et la poursuivent sous un autre angle, nous éclairant sur certains aspects des deux premiers tomes.
Avant toute chose, il faut savoir qu'Ayroles n'est autre que le scénariste du génialissime De cape et de crocs. Garulfo est antérieur à cette série, et on a par moments l'impression que c'est un peu le "brouillon" de l'aventure de Don Lope et Armand. Attention, quand je dis "brouillon", ça n'est pas péjoratif. Même si la qualité globale de Garulfo est selon moi un peu en-deça de De cape..., ça n'en reste pas moins une excellente bande dessinée, et on reconnaît bien la patte d'Ayrolles dans cet univers fantastique, un brin loufoque et pourtant si réaliste et touchant.
L'histoire est celle de Garulfo, une grenouille qui admire les hommes. Enfin, "un" grenouille, attention. Et si le batracien de La Fontaine voulait se faire aussi grosse que le boeuf, le rêve de notre héros est de faire partie de cette espèce qu'il admire tant (pas les boeufs, les hommes. Suivez un peu !). En désespoir de cause, il décide d'aller voir une fée, qui serait plutôt du genre sorcière à vrai dire, et qui, amusée, va exaucer son voeu. Voici Garulfo changé en prince charmant. Enchanté (c'est le cas de le dire), celui-ci va découvrir la réalité du monde des hommes tout en cherchant à se marier au plus vite pour accomplir la "prophétie" de la fée. Le cadre de l'histoire est du genre médiéval-fantastique, avec des chevaliers, des châteaux, des princesses, des dragons, des ogres, des lutins, des animaux qui parlent (forcément), des sortilèges et tout le tintouin (au Congo. Oh oh oh)...
Et on découvre petit à petit une fable comme on n'en fait plus ou presque, humaniste, avec des vrais morceaux de morale dedans. La deuxième partie de l'histoire (à partir du troisième tome donc) est dans la même veine, on y suit les péripéties de l'arrogant prince Romuald changé à la suite d'une "malédiction" en... grenouille, et oui, bravo. Il va croiser notre Garulfo national, et ça n'est pas une simple coïncidence. Je vous laisse bien sûr découvrir les détails de l'histoire par vous-mêmes.
Cette bande dessinée raconte une jolie histoire, souvent drôle, parfois touchante, qui a le mérite d'être à la fois intéressante tout le long, cohérente (autant que ça puisse être le cas dans ce genre d'univers), et qui donne un peu à réfléchir sur les valeurs humaines. Une vraie fable, quoi. Avec des animaux qui parlent, des gentils, des méchants, des choses horribles ou merveilleuses. Une belle histoire pour petits et grands, que je ne peux que vous conseiller.
Et puis ça peut être pratique, si jamais un de ces quatre vous vous retrouvez changé en grenouille, ben vous connaîtrez deux ou trois astuces, on sait jamais hein... ;)