Atalante
Avant tout, je tiens à signaler que les bandes dessinées que je choisis pour ma petite critique hebdomadaire sont prises plus ou moins au hasard dans ma bibliothèque. Je ne réfléchis pas trop, en gros je prends la première qui me tombe sous la main, sauf exception. Je tenais à vous prévenir car, encore une fois, la série dont je vais vous parler aujourd'hui souffre du même syndrôme que quelques autres citées précédemment, dont Slhoka la semaine dernière : le syndrôme du dernier tome en date paru il y a plus de deux ans. Et c'est vraiment pas fait exprès.
Bref, cette semaine, un mot sur Atalante, scénario et dessin de Crisse.

Alors, quand je dis "un mot sur Atalante", soyons clairs, je parle de la bande dessinée (oui, je sais que tout le monde avait compris, mais laissez-moi faire mon intro comme je veux, non mais). Car Atalante, c'est aussi le "vrai" nom d'une héroïne de la mythologie grecque, réputée pour sa beauté et sa vitesse à la course. Elle apparaît même dans deux mythes différents (version arcadienne et version béotienne, merci Wiki), dont s'est assez librement inspiré l'auteur pour son scénario. On retrouve dans la série la plupart des protagonistes des histoires originales, dans des rôles proches ou identiques.
Cependant, s'il a fondé son histoire sur la mythologie grecque, Crisse a pris quelques libertés assez importantes, en faisant se croiser quelques mythes histoire que ce soit un peu plus vivant. Ainsi, très vite, la jeune Atalante rencontre Jason et ses Argonautes, sur le point de partir en Colchide à la recherche de la Toison d'or.
Mais commençons plutôt par le commencement. Son père le roi désirant absolument un fils, il est sur le point de tuer bébé Atalante quand une prêtresse s'interpose et le menace de la colère divine. Du coup le nourisson est exilé et remis aux mains de la providence, qui prend la forme de quatre déesses du panthéon de l'Olympe, Artémis la feuillue (déesse de la chasse), Hécate la blanche (déesse de la Lune, et co-déesse de la barre chocolatée avec sa soeur Kit), Aphrodite la grosse dinde (déesse de l'amour et de la beauté) et Héra la jalouse (déesse de rien du tout mais c'est la femme et la soeur du patron alors elle fait son intéressante). Chacune lui donne un don (pour Héra c'est plutôt une malédiction) avant de laisser le bébé suivre sa vie. La petite grandit au milieu des animaux, des faunes et des satyres, puis est enlevée par des chasseurs, bien humains cette fois-ci, qui prennent en charge son éducation. Une fois adulte, Atalante décide de partir réaliser son rêve : rejoindre les Amazones pour en devenir une elle aussi. C'est pourquoi elle demande à notre brave Jason de l'accepter à bord de son bateau qui va dans la direction souhaitée (une forme primitive d'auto-stop, en fin de compte).
La série compte pour l'instant trois tomes, et il faut espérer que la suite ne va pas trop tarder, le dernier datant de Septembre 2003. A l'instar de Sillage, chaque tome raconte une aventure indépendante avec un début et une fin, mais le fil conducteur (la destinée d'Atalante et son voyage avec les Argonautes) reste présent en toile de fond. Le premier tome a pour but de présenter le personnage et le contexte, les deux autres font un peu plus "aventure merveilleuse sur fond de mythologie", comme ce qu'on pourrait lire dans l'Odyssée (qui pour les gens qui ne le savent pas conte les péripéties vécues par Ulysse et son équipage lors de son retour de la guerre de Troie).
Personnellement, j'aime beaucoup le style de Crisse au niveau dessin, donc je ne suis pas très objectif, ceci dit on note parfois sur certaines cases une petite baisse de régime, mais rien de très grave. Au niveau du scénario, c'est assez plaisant, encore plus lorsqu'on connaît un peu les mythes grecs. On a droit à tous les clichés, les batailles entre dieux, les malédictions, les héros, les augures, les quêtes, mais c'est traité de façon sympathique, légère et cohérente. Ni prise de tête ni complètement débile, le ton général est plutôt bon enfant, surtout dans le troisième tome où on sent que l'accent a été mis sur l'humour, les jeux de mots à deux balles et les références en tout genre (et ça moi j'aime bien).
Pour conclure, une série sans prétention, qui ne se prend pas au sérieux, qui n'est sans doute pas la bande dessinée du siècle mais qui reste très agréable à découvrir et redécouvrir, encore une fois surtout si on est bien branché mythologie grecque (mais ça reste vrai aussi pour les novices). Je vous la conseille donc, et encore une fois croisons les doigts pour voir le tome 4 apparaître bientôt dans nos librairies préférées. Je savais que j'aurais dû sacrifier une grenouille de plus en TP la dernière fois pour m'attirer les bonnes grâces de Soleillus, le dieu de la BD...