Abraxas
Cette semaine, je vais vous parler d'une bande dessinée que j'affectionne particulièrement, et ce pour plusieurs raisons. Déjà, j'aime beaucoup l'ambiance de cette BD, j'aime l'histoire, les personnages, le style des dessins, et le dessinateur que j'ai eu la chance de rencontrer par deux fois est très sympa. Bref, cette BD, comme on dit, c'est trop de la bombe. Et pourtant je suis sûr que la grande majorité d'entre vous n'en ont absolument jamais entendu parler, même parmi les amateurs de BD. Pas grave, la faute va être réparée aujourd'hui, puisque je vais vous parler d'Abraxas, scénario de Corbeyran et dessin d'Alfred.

Si vous tapez "Abraxas" sous notre meilleur ami Google, vous verrez que c'est le nom d'un univers parallèle magique lié au concept des amulettes, dans certains milieux occultes. Un truc un peu sombre quoi, à la limite du glauque.
Ici, Abraxas, c'est le nom de la ville où se déroule entièrement l'action de la bande dessinée, qui est une histoire complète en deux tomes. Une ville sombre, à la limite du glauque (ça tombe bien), avec tout ce qu'il faut de pluie, de brume, de chats noirs, d'êtres difformes et même de corbeau empalé sur le panneau à l'entrée de la ville. Dès les premières pages, on assiste à un meurtre sanglant, perpétré par une étrange bande d'hommes-citrouilles... Ensuite il est question de magie, de pacte démoniaque, de fantômes, et j'en passe et des meilleures. On pourrait croire en lisant ça qu'il s'agit d'une histoire horrible et sombre à souhait, et pourtant on découvre au fil des pages une belle histoire pleine de poésie.
Vous l'aurez compris, on est en plein Tim Burton. Impossible de ne pas penser à l'univers du génial réalisateur en lisant Abraxas. Et pourtant les auteurs ont su créer leur propre monde, et donner complètement corps à leurs personnages, qui restent originaux.
Ces personnages, justement... l'histoire réussit le tour de force de leur donner une vraie profondeur en seulement deux tomes, tout en faisant progresser l'intrigue (ou plutôt les intrigues) de manière satisfaisante. Ainsi on suit les aventures croisées de Saturnin, apprenti prestidigitateur, tout juste arrivé en ville pour retrouver quelqu'un de cher; de Géraldine, la propriétaire de l'auberge "Le brouet sapide", et de ses étranges pensionnaires; du Doc Makabr, dont l'exceptionnel manège ne fait malheureusement plus recette; de Malfourchu, le détective privé porté sur l'occultisme; et de Mordhom, le célèbre et puissant magicien.
Tout ce beau monde va se croiser et évoluer autour d'une mystérieuse amulette, et d'une légende, celle du rideau gris. On voit avec plaisir évoluer les quêtes de chacun des personnages, qui découvrent en même temps que le lecteur tous les tenants et les aboutissants de cette sombre histoire.
Au final, une histoire prenante, une ambiance géniale, des personnages attachants, tout est réuni pour passer un bon moment. Le seul minuscule regret se situe au niveau de la fin, les toutes dernières pages, qui à mon avis auraient gagné à être un peu plus diluées. On regrette que ça se finisse si vite. Mais c'est peut-être simplement qu'on est un peu tristes de devoir quitter nos héros et leur univers qui ont su nous emporter si loin de notre réalité...
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Pour Abraxas, j'ai eu la chance de pouvoir avoir non pas une mais deux dédicaces (une sur chaque tome !), à quelques mois d'intervalle. Voici donc rien que pour vous les deux jolis dessins en question. Comme d'habitude, vous pouvez cliquer dessus pour les voir en plus grand.
Pour le premier tome, j'ai choisi un personnage un peu mystérieux. Du coup je peux pas trop vous dire qui c'est. Vous verrez bien si vous lisez la BD un de ces quatre.
Pour le deuxième tome, le Doc Makabr, le propriétaire du manège qui porte son nom. Et accessoirement le roi de la moustache.

