Phenomenum

Publié le par SebO

En fouillant tout à l'heure dans ma pitite BDthèque pour choisir la bande dessinée de la semaine, je suis retombé sur une très bonne série que j'avais un peu oubliée. Beaucoup moins connue que les Sillage et autres Blacksad, voici Phenomenum, scénario de Kaminka et dessin de Védrines.

Parus entre 2002 et 2005, les trois premiers tomes de cette série forment un cycle à part entière.

Cette série très originale a la particularité de traiter d'un sujet fantastique ultra-fantasmé avec un réalisme étonnant. Yann, notre héros, est un jeune homme qui découvre par hasard, alors qu'il est sur le point de mourir, qu'il a le pouvoir d'arrêter complètement le temps à volonté (même pas besoin de toucher le bout de ses doigts ou de remuer le bout du nez, il est trop balèze). Si ça c'est pas du vu et du revu, je sais pas ce que c'est. Mais ici ce sujet est traité comme jamais auparavant. Dans le premier tome, Yann lui-même nous explique en "voix off" la découverte de ce don, et tout ce qu'il implique. Yann n'est pas un super-héros à la morale inflexible (ou une gentille sorcière blonde) mais un jeune homme banalement ordinaire, et il nous raconte avec justesse et réalisme comment il a testé les limites de son nouveau pouvoir, et ce qu'il en a fait : piquer de l'argent dans les banques pour aller faire la fête avec ses copains, aller regarder les filles sous la douche chez elles, et tout ce qu'on peut imaginer. Puis la prise de conscience, le changement d'attitude, l'incompréhension et l'éloignement des "amis", la décision d'utiliser son pouvoir autrement. Mais bien sûr toutes ses bêtises ne sont pas passées inaperçues et Yann est bientôt un homme traqué. Et pour couronner le tout, le voilà qui tombe amoureux...

Au final, ce premier tome nous conte une histoire touchante, à la fois fantastique et vraie, servie par un découpage et quelques trouvailles graphiques de qualité (comme les battements de coeur de Yann qui apparaissent en bas de case lorsqu'il est sur le point d'utiliser son pouvoir). Certains pourront reprocher au dessin d'être un peu trop "carré", mais c'est un style auquel on se fait très vite.

Dans les deux tomes qui suivent, et qui tranchent un peu avec le premier (qui sert d'introduction réussie au cycle), on retrouve Yann mais on fait surtout la connaissance de nouveaux personnages, des gentils et des méchants (sinon ça serait pas drôle), et notre héros va chercher à en savoir plus sur ce don exceptionnel et découvrir qu'il n'est pas le seul à le posséder. Je ne vous en raconte pas plus, faut pas gâcher non plus.

 

Bref, une série prometteuse, avec un premier cycle de qualité (et un coup de coeur sur le premier tome quand même, je dois l'avouer). Pas de nouvelles pour la suite pour l'instant, mais j'espère qu'elle ne tardera pas trop. Malheureusement, dans le merveilleux monde de la bande dessinée, quand il s'agit de rythme de parution, on n'est jamais sûr de rien...

Publicité

Publié dans Des bandes dessinées

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
T
ce que tu en dis du premier tome me fait penser aux premiers Spiderman, et à l'idée de base de Spiderman : comment réagirait un jeune lycéen qui obtiendrait des pouvoirs fantastique. Il ne devient d'ailleurs pas tout de suite le super-héros qu'on connait, il faudra que son oncle Ben meurt pour prendre conscience "qu'un grand pouvoir implique de grande responsabilité". Mais la série (encore une fois, je parle des Spiderman des années 60, ou encore de Ultimate Spiderman) se focalise plus sur Peter Parker et comment il réagit face à ses pouvoirs et à ses responsabilité que sur Spiderman et ses ennemis (même si y'a une grande part donnée à Spiderman quand même)
Répondre
J
Alors Yann avait un pouvoir caché depuis tout ce temps et on ne m'avait rien dit ?!<br /> Pffff, c'est un scandale, là là là !<br /> J'y jeterai un oeil chez toi (armé d'une glace au chocolat aux proportions défiant toute concurrence), mais la couverture ne m'attire pas des masses.
Répondre
S
Je t'avoue que la couverture m'a un peu rebuté aussi au premier abord (et je trouve toujours qu'elle est quand même assez moche), mais comme dirait l'autre, l'habit ne fait pas le moine, et qu'importe le flacon pourvu qu'on ait l'ivresse (j'adooore les expressions à la con en fait, je suis en train de m'en rendre compte...).
L
J'avoue qu'en voyant le titre j'ai cru que tu allais parler du film tout naze avec John Travolta...
Répondre