Largo Winch
Cette semaine, j'avais envie de parler d'une série qui commençe à dater un peu, et qui a déjà atteint le statut de "classique" de la bande dessinée franco-belge. Ce prérequis me laissant quand même pas mal de choix, j'ai fini par restreindre le nombre de candidats à deux, XIII et Largo Winch. Le grand gagnant de la finale de cette semaine est Largo Winch, scénario de Jean Van Hamme et dessin de Philippe Francq.
D'emblée, je tiens à préciser que je vais parler de la bande dessinée et non pas de la série télévisée. Pour ceux qui ne connaissent que la série, euh, comment dire... faites comme si vous ne l'aviez jamais vue (et on vous dira rien, promis).

Tout d'abord un peu d'histoire. Quand je parle de "classique", c'est vrai que j'exagère peut-être un peu, mais le premier tome de cette série, L'héritier, est quand même sorti en 1990. Et oui, c'était il y a seize ans. Ca nous rajeunit pas tout ça. Cette série est en fait l'adaptation des romans éponymes, écrits par Jean Van Hamme. Pour information (et référence), ce dernier est également le scénariste des séries de bande dessinée XIII et Thorgal, d'autres "classiques".
La série Largo Winch compte pour l'instant quartorze albums, le dernier étant sorti en Novembre 2005. La structure de la série est assez particulière : tous les tomes se suivent logiquement et chronologiquement, mais chaque "paire de tomes" (les tomes 1 et 2, puis les tomes 3 et 4,...) raconte une histoire complète avec un début, un milieu, et une fin. Du coup, chaque sortie de tome impair est une torture, et chaque sortie de tome pair est une délivrance. Les plus forts en maths d'entre vous l'auront calculé, 14/2 = 7 histoires qui composent jusqu'à présent l'univers Largo Winch.
Largo Winch est en fait le nom du héros, un jeune homme beau, fort, malin et charmeur qui hérite d'un considérable empire financier à la mort de son oncle adoptif. Mort d'ailleurs assez louche, ce qui fait que notre héros se retrouve non seulement avec des centaines de sociétés et d'employés à gérer, des dollars par milliards, mais aussi une mystérieuse affaire de meurtre sur les bras. Et c'est un peu tout le fond de cette bande dessinée, tout au long de la série : Largo va devoir mener de front la bataille financière que représente la gestion de son empire et des enquêtes à tout va, des affaires de meurtre, d'espionnage, de chantage, de magouilles en tout genre, j'en passe et des meilleures. Heureusement, ce petit gars a eu une solide éducation, il a été gâté par la nature, et il a des amis fidèles, ce qui fait que la plupart du temps il casse la tête aux méchants (et tombe les filles). Mais parfois en y laissant quelques plumes...
Le niveau de cette série est, comme pour Sillage, relativement inégal. C'est globalement une bonne BD, mais sur les sept histoires, quelques-unes sont un peu moins intéressantes. En même temps il est difficile de garder un niveau excellent sur la durée. Le rythme avait tendance à s'essouffler il y a quelques tomes, mais j'ai trouvé que la dernière paire de tomes (13 et 14) revenait sur la bonne voie. A son meilleur niveau, la série Largo Winch est un mélange réussi d'enquête, d'action, de suspense, tout ça sur fond de gros sous et tout ce que ça peut inclure. On est parfois scotché devant notre bande dessinée comme on le serait devant un bon film, et de temps à autre l'émotion est au rendez-vous (ah, Business Blues...). Le seul bémol que je pourrais vraiment émettre concerne les intrigues, qui demandent parfois quelques connaissances du monde de la finance. A chaque fois, tout est expliqué de façon efficace pour le néophyte, mais je pense que se plonger dans des bulles de douze lignes qui traitent d'OPA, de parts de marché, ou de stock-options, pourra en rebuter plus d'un.
En conclusion, j'aime beaucoup cette série, que je trouve plus intéressante et plus pêchue que XIII (dont je parlerai sûrement dans quelque temps). L'action, les intrigues, les personnages donnent une certaine profondeur à l'ensemble. Et même si le niveau de certains tomes est un peu moins bon, Largo Winch reste une saga que l'on suit avec plaisir.