Blacksad
Ca fait au moins un mois que je veux vous parler d'une BD. Et puis à chaque fois, il y avait quelque chose qui me faisait choisir une autre série (sortie d'un nouveau tome par exemple). Aujourd'hui, plus rien ne fait obstacle, je vais donc pouvoir vous parler de Blacksad, scénario de Diaz Canales et dessin de Guarnido.

Cette série, qui compte trois tomes (chacun pouvant être lu séparément), est à la fois classique dans son propos et originale dans sa présentation. Dans le monde de Blacksad, les humains sont remplacés par des animaux humanisés, ou des humains animalisés, au choix (les traits de caractère des personnages correspondent à l'animal qu'ils sont, ainsi les rhinocéros sont des grosse brutes, les iguanes ont le sang froid, et les fouines... sont des fouines). Blacksad est le nom du héros, un grand matou noir, détective privé de son état. Les trois tomes présentent trois histoires différentes, trois enquêtes auxquelles Blacksad se retrouve mêlé, plus ou moins malgré lui. Mais on ne se refait pas, et un privé a toujours envie de connaître le fin mot de l'histoire, c'est bien connu. Nestor Burma, Blacksad, même combat.
Dans le premier tome, par exemple, une actrice de renom, qui se trouve être une ancienne maîtresse de notre détective (et oui, un grand matou un peu mystérieux, ça attire les minettes), est retrouvée assassinée dans son lit. Du coup, Blacksad prend ça comme une affaire personnelle, interroge quelques contacts, suit des pistes, récolte des infos, et progresse dans sa recherche du responsable. Du très classique donc, même si à chaque fois le scénario réussit le pari d'accrocher le lecteur qui a envie de connaître la suite, et la fin.
Mais là où Blacksad se démarque clairement du reste des bandes dessinées, c'est dans la qualité du dessin et le découpage de l'action. Guarnido est un dessinateur de grand talent, et ça saute aux yeux dès qu'on ouvre la BD. On a l'impression d'avoir un dessin animé sur papier sous les yeux. On s'attend presque à voir les personnages bouger tellement les notions de mouvement sont bien rendues, les expressions de visage sont... expressives, et les détails qui fourmillent dans tous les coins donnent une impression de profondeur assez saisissante. Bref, quand on dit que la bande dessinée a acquis le statut de neuvième art, il suffit de jeter un coup d'oeil à Blacksad pour s'en convaincre.
Au final, de bonnes histoires (même si j'ai personnellement trouvé le troisième tome légèrement en deçà des deux premiers, mais la barre avait été placée très haut), servies par un dessin exceptionnel. Le seul bémol, une attente de plus de deux ans entre chaque tome. Autant dire que la sortie de chaque nouvel opus est un petit événement en soi. Mais pour une série de cette qualité, on est prêts à pardonner beaucoup...