Mon facteur est une cagole
Jeudi matin, mes cours à la fac commençaient à 10h. Du coup, je suis parti de chez moi à 9h30. Et en sortant de mon parking, mon petit sac sur le dos, pour arriver au niveau de la rue, j'ai été témoin de l'arrivée de mon facteur, en vélo, qui tournait de la rue vers, justement, mon parking, pour accéder aux allées de mon immeuble (et, à mon avis, aux boîtes aux lettres, ce qui est paraît-il le but ultime de tout bon facteur qui se respecte).
Avant de vous raconter la magnifique scène dont j'ai été témoin, je voudrais dire que j'ai un problème, là. Imaginons que vous n'ayiez pas lu le titre de l'article, et que vous ayiez lu les quelques lignes qui précèdent. Dans votre imagination fertile devrait alors apparaître une rue, avec une entrée de parking, et un vélo avec assis sur la selle un homme d'une quarantaine d'années, avec une casquette et, bien sûr, une moustache (c'est d'un facteur dont on parle, tout de même).
Et pourtant, pas du tout. Car mon facteur, c'est une jeune femme, d'environ 25 ans, blonde, avec une coupe de danseuse de hip-hop (non je ne fais pas de généralités, c'est faux, elle a une coupe de danseuse de hip-hop, j'y peux rien moi). Alors je suis quand même un peu de mauvaise foi, c'est vrai que j'aurais pu dire "ma factrice". Mais est-ce que ça se dit beaucoup, en vrai ? C'est comme le truc de toujours dire "un auteur". C'est vrai que quand on entend "autrice", on a l'impression que Sophie Favier est en train de parler de ses vacances à Vienne. Personne dit "une autrice". Pourquoi, hein, pourquoi ?
Bref, mon facteur est une cagole. Et non pas "mon facteur a une cagoule", même si l'hiver approche et que Mickael Youn a remis ce magnifique accessoire vestimentaire au goût du jour avec sa parodie Fous ta cagoule (ah ah j'ai réussi à placer ce lien je suis super content :D ). Alors déjà, qu'est-ce qu'une cagole ? Dans le Sud de la France, et en particulier à Marseille, ce terme dépréciatif désigne une fille à l'air vulgaire. La cagole se déplace généralement en troupeau, habillée en survêtement blanc, avec du rap dans les oreilles (rhooo les vieux clichés).
Ma factrice (allez, je craque) n'était pas en survêtement blanc mais en uniforme bleu et jaune, forcément, mais le coeur y était. Et alors, pourquoi je vous parle de cette charmante personne, vous demandez-vous depuis tout à l'heure (si si je sais que vous vous le demandez, ne faites pas les indifférents) ? Mais reprenons plutôt la scène là où nous nous étions arrêtés.
Je sortais donc de mon parking juste au moment où ma factrice y tournait depuis la rue. Je n'ai pas vu les 20 secondes qui ont précédé (et c'est bien dommage), mais l'écart qu'elle a fait pour tourner n'a pas dû être du goût de la voiture derrière puisqu'elle s'est pris un bon coup de klaxon en amorçant son virage. Et c'est dans ce genre de situation que la vraie nature des gens se révèle. Voyant qu'elle avait gêné la voiture derrière, elle a donné un coup de frein sur son vélo avant de rentrer dans le parking, et, regardant en arrière dans la direction de la voiture en question, a lancé un magnifique "Quoi ? Qu'est-ce qu'y a ? T'as un problème ?" de son ton le plus...euh... cagolesque. Le conducteur de la voiture, un homme d'une soixantaine d'années, soit ne l'a pas vu, soit l'a superbement ignorée, toujours est-il qu'il a continué son chemin sur la rue devenue libre comme si de rien n'était. Ce qui est très dommage car il n'a pas pu entendre l'estocade finale portée par cette charmante jeune femme, toujours en direction de ladite voiture et avec un niveau de décibels assez important pour que j'entende bien alors que j'étais à 10 mètres : "La putain d'ta race !". Enfin bon, tant qu'elle m'apporte mon courrier, hein...
Voilà, c'était une anecdote qui valait vraiment le coup d'être racontée je pense (ou pas)... La prochaine fois je vous narrerai comment j'ai failli mourir de peur en descendant la poubelle il y a quelques jours, vu que le local poubelles, toujours fermé à clé d'habitude, était entr'ouvert, qu'il faisait nuit, que la lumière à l'intérieur du local était éteinte, et que j'ai brusquement découvert en ouvrant la porte une petite vieille toute tordue qui n'était pas arrivée à actionner la minuterie... Ca fout les jetons ce genre de trucs...
Il se passe des trucs intéressants au pied de mon immeuble, c'est incroyable... :p