Citoyen et modèle
Cet après-midi je me suis occupé de deux choses qui commençaient à traîner et devenir urgentes. Pas urgentes dans le sens où la fin du monde aurait pointé le bout de son nez si ça n'avait pas été fait d'ici demain, mais urgentes dans le sens où il me restait 2 mois pour le faire, et où ce qui est fait n'est plus à faire.
Et pour ça, je me suis rendu à la mairie de Villeurbanne (ma ville mon combat). D'abord, je me suis occupé de demander ma carte d'électeur. Et oui, houuu la honte, j'en avais toujours pas et ce malgré mon âge avancé (je ne suis pas encore centenaire mais mes 18 ans commencent à dater un peu, quand même). Mais comme dirait l'autre, mieux vaut tard que jamais. Et du coup ça y est c'est officiel, le gentil monsieur de la mairie me l'a dit, je la recevrai dans ma boîte aux lettres en Mars (non, ça ne veut pas dire que ma boîte aux lettres est faite avec des barres chocolatées, relisez mieux la phrase). Tout comme, il m'a bien prévenu, je vais recevoir une ou deux semaines avant les élections une enveloppe de propagande par candidat. "A la grande joie de votre facteur" s'est-il hâté d'ajouter. J'ai souri. Bref, dès l'année prochaine, je vais pouvoir voter. Ce qui ne veut pas dire que je vais voter, mais au moins je pourrai si j'ai envie. Parce que malgré ma superbe démarche citoyenne sur le tard, j'en suis toujours à me dire que de toutes façons, ça n'est pas ma voix qui va changer la face du monde. Heureusement, le plus souvent, l'instant d'après, je me dis que si tout le monde réfléchissait comme ça, on serait pas dans la mouise. Et puis l'instant d'après, je me dis que justement, beaucoup de gens réfléchissent comme ça, et que c'est bien là le problème. Bon, ok, c'est décidé, j'irai voter.
La deuxième chose, c'était mon passeport électronico-biométrique-à-empreinte-digitale-que-si-tu-l'as-pas-tu-peux-pas-aller-aux-Etats-Unis. Or figurez-vous qu'il est bien possible que j'y aille, l'année prochaine, aux Etats-Unis (teaser inside...). J'avais donc bien tout regardé sur le site de la préfecture pour savoir quoi apporter dans ma besace. En plus du timbre fiscal à 60 euro que j'ai été acheté dans un repaire de PMistes piliers de bar, de mon ancien passeport de routard tout déchiré, de ma carte d'identité et de mon justificatif de domicile, il fallait deux photos d'identité. Et là attention ! Figurez-vous (c'est le cas de le dire) que les critères pour les photos d'identité administratives ont changé (et personne ne nous a rien dit, c'est un scandale). Si jamais vous voulez vous faire faire une pièce d'identité, je vous déconseille le photomaton : il faut que le fond soit clair mais pas blanc, que le visage soit parfaitement cadré et d'une certaine taille dans la photo, il ne faut pas de lunettes, pas de mèches devant les yeux, et il faut "un visage neutre". Interdiction formelle de sourire, m'sieurs dames, on n'est pas là pour rigoler. Un jeune homme dans la file à côté de moi s'est fait refuser sa demande de passeport parce qu'il avait ses quatre merveilleuses photos... où il affichait un grand sourire. Inutile de dire qu'il était dégoûté... Heureusement je savais tout ça et je suis allé dans une boutique photo, ce qui m'a quand même coûté 7 euros pour 4 pitites photos de rien du tout que la fille elle a réglé l'objectif pendant 10 secondes puis elle a appuyé sur le bouton et hop fini. Faut le vouloir son passeport.
Enfin voilà, c'est fait, bientôt je pourrai voter et aller aux Etats-Unis. Avant je pouvais pas. J'ai fait un grand pas dans mon degré de liberté en tant qu'homme. Non ?