22 jours - Acte III : deux mariages et un enterrement (deuxième partie)

Publié le par SebO

Comme je vous le racontais la dernière fois, le lundi 7 Août, vers 18h30, je montais dans le TGV qui devait m'amener à Nantes, où des gens que je n'avais jamais vu étaient censés venir me chercher à la gare, vers 23h20.

Mais commençons par le commencement. Et le commencement, en ce qui concerne l'affaire qui nous intéresse, c'était il y a tout juste 20 ans, c'est-à-dire mon année de CM1. Coup de vieux, seconde édition. Bref, c'est cette année-là que j'ai été pour la première fois dans la classe d'un blondinet discret, qui devait devenir quelque temps plus tard l'un de mes meilleurs amis. En primaire, à vrai dire, on ne traînait pas trop ensemble. Moi j'étais un peu... à part, et lui n'était pas d'un tempérament des plus extravertis. On cohabitait gentiment dans la même pièce le plus gros de la journée sans véritablement faire attention l'un à l'autre. Et puis est arrivée la fin de l'année de CM2, et le maître a demandé à la classe où chacun allait aller au collège l'année suivante. Alors que quasiment toute la classe indiquait Brossolette, le collège public de cette belle ville d'Oullins, le blondinet et moi avons été les seuls à lever la main à la mention de Saint Thomas d'Aquin, qui comme son nom l'indique si bien, est un collège privé (privé de quoi on sait pas trop, c'est encore l'un des grands mystères de la vie).

Et c'est comme ça que ça a commencé. Même si nous n'avons jamais été dans la même classe pendant les quatre années de collège, son papa nous emmenait en voiture au collège le matin (on habitait à 300 mètres), et ma maman nous ramenait le soir, et je squattais chez lui assez souvent, la plupart du temps pour jouer à la console. Nous faisions partie de la joyeuse bande de Saint Thom, dont les membres sont maintenant disséminés un peu partout en France, et même ailleurs.

En seconde et en première, on a enfin été dans la même classe, et on s'est bien rattrapés sur les années passées en faisant tourner en bourrique quelques profs (spéciale dédicace à Mme M., notre prof de Français de première). Après, on est toujours restés en contact, même si on a pris des chemins différents. Très différents même puisque le bougre n'a pas tardé à s'exiler à perpette (la région nantaise, en l'occurence) pour rejoindre sa bien-aimée. Ahhh, l'amour... Malgré l'éloignement géographique allié à mon inévitable observation au pied de la lettre de l'expression "Loin des yeux, loin du coeur", on n'a pas perdu le contact, essayant de se voir une fois par an quand il redescendait à Lyon, souvent à Noël (et oui, cette période, c'est propice aux retrouvailles, il faut croire).

 

Et v'la-t-y pas qu'il y a quelques mois de ça, notre grand blond avec deux chaussures noires national me confie, avec son flegme naturel : "Tiens au fait, je vais me marier. Et j'aurais besoin de toi pour être témoin". Sur le coup j'étais un peu impressionné, voilà une tâche à responsabilités que je n'avais encore jamais entreprise, mais bon en même temps j'étais content que mon copain ait pensé à moi, faut dire ce qui est.   :D

Et voilà comment je me suis retrouvé embarqué dans la folle histoire du "mariage à Nantes".

Là où ça a commencé à se corser, c'est quand j'ai appris que l'autre témoin du marié, qui se trouve être un cousin de la mariée (faut suivre, un peu), suite à une petite discorde d'ordre familial, avait décidé de ne participer en rien ni au mariage, ni, encore pire, à l'enterrement de vie de garçon du blondinet. Je me retrouvais donc à je sais pas combien de centaines de kilomètres du lieu des festivités, ne connaissant absolument pas la ville de Nantes, à devoir préparer un enterrement de vie de garçon pour un ami que je n'avais plus véritablement côtoyé depuis des années... J'aime les défis, mais alors là, je peux vous dire que ça m'a pas mal angoissé sur le coup. Heureusement, j'étais en contact par mail et téléphone avec Alexandra, l'une des témoins de la mariée, qui m'a bien aidé et rassuré, et qui m'a surtout fait me sentir moins seul dans cette galère. Après moults péripéties dont je vous passerai les détails, j'ai carrément appelé le marié pour lui demander les coordonnées téléphoniques de ses plus proches amis sur place, et sans trop dévoiler les ficelles, ils m'ont énormément aidé à organiser au dernier moment quelque chose de sympa pour notre cher Jérôme, qui le méritait bien, quand même, le pauvre. Ben oui, c'est pas de sa faute s'il a super mal choisi ses témoins, quoi... Rhooo, ça va, reviens, je rigoleuh...   :p

 

Quand je suis arrivé à la gare de Nantes, à 23h et quelques, lundi soir, c'est donc Alex et son chéri qui sont venus me chercher et qui m'ont très gentiment accueilli chez eux. Le lendemain, mardi 8 Août, c'était le moment fatidique. Tous les invités, filles et garçons, se sont retrouvés vers 14h, puis les filles sont parties s'occuper du cas de Julie (la mariée, pour les deux du fond), alors que nous, les garçons, prenions Jérôme en main. On est directement partis pour le centre de Nantes où on lui a fait enfiler une magnifique perruque bouclée de brune et un tailleur saumon du meilleur goût, avec en prime quelques touches de maquillage (faites par des garçons, dont moi, je vous explique pas le massacre). Le but était qu'il se balade dans les rues les plus fréquentées et qu'il aborde les gentilles passantes, des charmantes demoiselles si possible, et qu'il leur demande, pour noter dans son petit carnet de célibataire, leur prénom, leur âge, leur taille, leur poids, leurs mensurations, et leur numéro de téléphone. Clou du spectacle, on se baladait avec un pèse-personnes et il devait demander à ses innocentes victimes de monter dessus (rien d'obligatoire bien sûr). Au final, c'était assez rigolo, beaucoup de gentilles passantes se sont justement très gentiment prêtées au jeu, et alors que nous croyions que le coup de la balance ne passerait jamais, il a quand même réussi à peser plus d'une tonne de ces demoiselles. Bon ok des fois elles montaient à deux sur la balance mais c'était de bonne guerre. Et des fois les interrogées nous sortaient des infos qui sentaient le mytho (style âge ou mensurations), mais ça faisait aussi partie du jeu. Après une quarantaine de victimes, on est allés faire un bowling, et le saligaud a réussi à finir troisième (on était neuf si je me souviens bien) malgré le handicap du tailleur. Bon, ok, on l'a laissé gagner...

Après ça, vers 20h, on a rejoint les filles à la maison des amoureux, et on a passé la soirée autour d'une grande tablée, avec barbecue, salades, chips, et le fameux cocktail "Bay of Passion" (je vous le conseille). Mais il faut quand même savoir un truc, c'est que là-bas, à Nantes, ils ont des tas de traditions que je ne connaissais pas. Et j'ai découvert une des plus marquantes ce soir-là : l'enterrement du cercueil. Ben oui, me disaient-ils tous, c'est un enterrement de vie de célibataire, c'est normal qu'on enterre quelque chose ! Et je dois dire que ça a une certaine logique...

Résultat, pendant toute la soirée, plusieurs invités, ainsi que les futurs mariés, se sont relayés pour creuser un grand trou à côté des rosiers, au fond du jardin, avec une pelle achetée exprès pour l'occasion. La terre était bien dure, et ils ont bien galéré, mais au bout de plusieurs heures, à force de creuser, le trou a été fait, et ils y ont enterré un cercueil fait main en contreplaqué d'environ 60cm de long, 30 de large et 20 de haut, scellé par les mariés, et qui devra être déterré selon la tradition lors de la naissance du premier enfant du couple. Le cercueil contenait des bouteilles d'alcool, des petits cadeaux, des souvenirs de la journée... Sont fous ces Nantais...   ^^

Au final, une excellente journée, avec tout plein de souvenirs, autant pour moi que je l'espère pour les mariés, parce bon c'était quand même surtout pour eux, à la base, hein...   :p

Le lendemain, mercredi, on s'est reposés (à noter la super bonne crêpe, ou plutôt galette de sarrasin, mangée au restau à Nantes le soir, avec Jérôme et Julie), et le lendemain jeudi 10 Août, alors que ça faisait 19 jours que je n'avais plus d'accès à Internet, nous partions avec les mariés pour Moutiers, où devait avoir lieu le mariage le lendemain, vendredi.

Mais ça sera l'objet de la prochaine et dernière partie de cet acte III, je pense que vous avez déjà eu assez à lire pour aujourd'hui, non ?   :)

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Publié dans De tout et de rien

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J
Petite précision que tu as oublié c'est que tu ne faisais pas parti des "creuseurs", grosse faignasse !!!
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S
Ah mais non ah mais non, je proteste, je n'ai pas oublié, c'est juste un détail dont l'importance m'a semblé plus qu'insignifiante...   :DEt sinon je vous ai beaucoup aidé psychologiquement. Et puis c'est votre tradition, après tout !   :p
G
Géniale cette idée..... Y a pas un truc comme ça enterré ou envoyé dans l'espace pour que nos amis les extra-terrestres nous connaissent mieux ou pour les générations futures ??? Et si ils n'ont pas d'enfants ?? Ils en font quoi ??........ <br /> <br /> Et surtout c’est plus classe que la coutume du pot de chambre !!!
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J
André est fan de cette idée de cercueil, ça fait marcher son business ;0)
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S
Hé hé, c'est vrai qu'il devait s'ennuyer depuis les dernières saisons de Blood Bowl... Tu lui passeras le bonjour de ma part.   ^^
T
"je squattais chez lui assez souvent, la plupart du temps pour jouer à la console" ha, déjà à cette époque :E<br /> <br /> Sinon, je trouve que c'est une super bonne idée le coup du cercueil, c'est super sympa ^__^
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S
C'est super sympa, certes, mais bon, faut avoir un jardin, une pelle, un cercueil, des trucs à mettre dedans, et des gens pour creuser ! Ils m'ont raconté que les vrais de vrais, les vieux de la vieille, creusaient un trou dont la profondeur devait correspondre à la taille de la mariée... Sont fous, j'vous dis, ces Nantais...   :p