Devise obsolète ?

Publié le par SebO

Oui, oui, je sais, encore un. Mais bon cette fois, ça sera le dernier avant les élections. Les vraies. Celles qui vont déterminer de notre proche avenir. Un chant du cygne ? Sans doute. J'y crois plus trop. Enfin j'y ai jamais vraiment cru. Mais comme on dit, tant qu'il y a de la vie, il y a de l'espoir... Ouais.

 

Il y a plus de 200 ans, dans notre beau pays, le sang coulait à flot, ça exécutait à tour de bras, ça s'entretuait à qui mieux mieux, bref, c'était pas le top de la bonne ambiance. Tout ça parce que des trouble-fêtes qu'il aurait fallu noyer dès la naissance étaient allés mettre dans la tête du bon peuple français que c'était bien beau tout ça, ça va bien cinq minutes (ou quelques siècles), mais y'a un moment où faut arrêter de se foutre de la gueule des gens. Tout ça parce que ces gens, exploités comme des chiens par une poignée de privilégiés qui se la coulaient douce dans leurs châteaux, ont compris qu'il y avait un truc qui tournait pas bien rond. Alors ils ont décidé de faire la Révolution. Et ils étaient pas là pour rigoler. C'était pas joli joli. Mais une fois que tout ça s'était calmé, ils se sont dits qu'il fallait marquer le coup, quand même. Alors ils ont fait des beaux textes, des déclarations, pour bien que tout le monde sache que les choses avaient changé. C'était la République. C'était nouveau, c'était in, c'était cool.

Et puis 200 ans ont passé. Et c'est toujours la République. Mais c'est beaucoup moins nouveau. Du coup, peu de gens s'intéressent encore à ce qui avait été fait à l'époque, et pourquoi ça avait été fait. Pourquoi et comment les gens s'étaient battus contre des injustices, avaient défendu leurs idées, puis gravé ça dans le marbre, pour que ça reste un symbole à tout jamais. J'avais juste envie de revenir non pas sur la Déclaration des Droits de l'Homme, qui se fait fouler aux pieds jour après jour dans le monde entier devant les intérêts économiques (c'est normal, c'est quand même beaucoup plus important, faut pas déconner), mais sur la devise de la République Française, la devise de notre beau pays, censée résumer en trois mots tous les idéaux de l'époque. Liberté. Egalité. Fraternité.

 

Liberté. Au bac, mon épreuve de philo c'était "Etre libre, est-ce être seul ?". Alors bon je veux pas vous faire de spoiler mais la réponse est non. Pour être libre, l'Homme, animal social, a besoin de ses congénères mais a également besoin d'un cadre social, dicté à la base par des impératifs moraux, et représenté par des lois. Conclusion, la liberté, c'est pas l'anarchie. A l'époque, il y a plus de 200 ans, la liberté consistait à pouvoir faire ce qui ne nuit pas aux droits d'autrui. Ca paraît pas mal. Ceci dit, à l'époque, il n'y avait pas de caméra à tous les coins de rue, il n'y avait pas de fichage électronique voire biométrique à grande échelle, on ne pouvait pas vous suivre à la trace avec votre carte bleue ou vos clics sur le Net... Les libertés individuelles ont pris un sacré coup dans l'aile, mais ça, malheureusement, on n'y peut pas grand-chose. Après, un certain candidat à la Présidence, bien placé pour gagner, a montré qu'il prônait l'Etat sécuritaire à outrance. Et la liberté prend un nouveau coup de pied dans les côtes. Puis il a déclaré que l'on était prédisposés génétiquement au suicide et à la pédophilie, entre autres, et qu'on ne pouvait rien y faire. Et la liberté est partie se pendre en pleurant.

 

Egalité. Vous en conviendrez avec moi, ce mot ne représente rien de concret, ce n'est qu'un concept, une douce utopie. L'égalité entre les hommes n'existe pas, et n'existera jamais, fort heureusement, sinon le monde serait bien monotone. Ne serait-ce que génétiquement, chacun naît différent de son voisin. A ça viennent s'ajouter les inégalités géographiques, les inégalités de milieu social, les inégalités culturelles, les inégalités de richesse,... Ils le savaient bien, déjà, les gens, à l'époque, que c'était pas possible, alors pourquoi l'avoir quand même mis dans cette devise à la noix ? Peut-être parce que même s'ils savaient que c'était impossible à atteindre, c'est un idéal auquel ils aspiraient. Pour eux, la loi devait être la même pour tous, les distinctions de naissance ou de condition abolies et chacun devait être tenu à mesure de ses moyens de contribuer aux dépenses de l'État. Aujourd'hui, c'est toujours aussi utopique, mais on a deux candidats avec deux visions différentes du problème. Alors que l'une souhaite restreindre au maximum ces inégalités pour que chacun puisse vivre correctement, l'autre préfère accroître ces mêmes inégalités pour que ceux qui sont du bon côté de la barrière aient une vie encore plus agréable. Y'a pas de raison qu'ils se sacrifient pour les autres, non plus. Quant aux fameux autres, ben ils avaient qu'à être du bon côté de la barrière. Ou du fossé, plutôt. Et ce gentil candidat va justement nous donner gracieusement une pelle pour qu'on puisse creuser tous ensemble, comme ça on aura l'impression d'être unis pour faire avancer les choses. Pas con.

 

Fraternité. Aaah, la fraternité. Ca, ça dépend de chacun d'entre nous. La définition de l'époque est très simple et tient en deux concepts : "ne faites pas à autrui ce que vous ne voudriez pas qu'on vous fit, et faites constamment aux autres le bien que vous voudriez en recevoir". En gros, aimez-vous les uns les autres. Mais dans un monde de plus en plus stéréotypé, conditionné, où l'autre dérange, où le différent inquiète, où l'étranger n'est pas à sa place, la fraternité, tout comme sa cousine la liberté, a de plus en plus de mal à surnager. Principe fondamental de ce qui fait que l'on peut se dire humain, la fraternité, ça n'est pas tout accepter de n'importe qui, mais c'est ouvrir ses bras et son esprit, comprendre, cohabiter, coopérer. Et là encore, notre cher candidat à la Présidentielle, avec son projet de Ministère de l'Immigration, avec sa mise à l'index de toute religion qui ne serait pas très catholique, avec ses charters, avec ses arrestations musclées devant écoles et centres sociaux, avec ses propos provocateurs et choquants, piétine allégrement cet idéal. La fraternité ? L'humanité ? Pour quoi faire ? Ca ne se monnaye pas ça monsieur, ça ne rapporte rien, ça ne donne pas plus de pouvoir. Ca ne sert à rien, au final. C'est sûr...

 

Bref, tout ça pour dire que dimanche soir, il y a de fortes chances pour qu'on doive changer la devise nationale. Déjà que tout le monde l'avait oubliée depuis un moment, mais là elle ne collera carrément plus avec l'esprit du pays. Et puis on pourra garder la Marseillaise, finalement. Au cas où George W. Bush trouve un autre pays plein de pétrole à envahir dans le temps qu'il lui reste à la tête des USA, on pourra la chanter quand son copain Nicolas nous enverra au front. Avec un peu de chance, en face, ils seront morts de rire...

 

 

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Thanos avait posté ça en commentaire, je le mets carrément dans cet article. C'est une vidéo, un reportage en plusieurs parties, avec des économistes, des chercheurs, des sociologues, qui parlent du programme de Nicolas Sarkozy. Vous allez me dire "Encore !?", ce à quoi je vous répondrai oui, je sais que ça ne va rien changer, les pro-Sarkozy ne changeront pas d'avis (ne regarderont pas la vidéo et n'auront sans doute pas lu jusqu'ici d'ailleurs), les anti-Sarkozy auront encore plus envie de se pendre, mais si ça pouvait pousser certains indécis à aller voter, c'est toujours ça... En plus de ça c'est intéressant et bien argumenté. Vous trouverez toutes les parties du reportage ici (je n'inclus pas la vidéo dans l'article parce que Daily Motion, contrairement à YouTube, n'est pas mon ami).

 

 

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Et pour finir, un truc que KoTo m'a envoyé et qui m'a fait sourire. Je me suis dit que ça serait idéal pour déplomber un peu l'ambiance, là... C'est un petit site qui vous permet de tester votre subconscient. Les explications sont assez claires, je vous laisse donc découvrir ça par vous-même : testez votre subconscient.

 

 

Pfiou, quelle idée d'écrire un article comme ça à 3 heures du matin après une très longue et très lourde journée de travail... Faut-il que je vous aime (et que j'angoisse pour dimanche, et les quelques milliers de jours qui suivront)...   ;)

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Publié dans De tout et de rien

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T
je suis d'accord avec toi gazelle ! D'ailleurs, on peut faire le même constat que ce qui se passe dans ce pays au niveau du monde. Chez nous, les riches le sont sur le dos des pauvres, et au niveau du monde, les pays riches (dont la France fait partie) le sont sur le dos des pays pauvres, donc cette devise doit sortir du cadre de la France.<br /> Quand je dis qu'il y a assez de richesses qui circulent chaque jour en France pour permettrent à tout les français de vivrent déscement, de la même façon, il y a assez de richesse qui circulent dans le monde pour permettrent que chaque habitant de notre petit planete puisse vivre dans de bonne conditon.
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G
  Je ne suis jamais intervenue dans les articles politiquement corrects de Môsieur Seb.o…. pour celui là, j’suis d’acodak avec Pivoine, joliment écrit et tellement vrai, or j’ajouterais juste une ptite réflexion toute personnelle, je ne veux nullement mettre de l’huile sur le feu, loin de là, mais je trouve que nous les Français, depuis qqs mois, on se regarde un peu trop le nombril ces derniers temps…. Oui on va en chier pr 5 ans, oui on hait ce type autant que certains l’aiment, mais pr ce qui est de notre devise, je l’interpréterais différemment, à mon petit niveau…. Imagine, tu vis dans un pays pauvre, tes droits sont bafoués, tu es mis en prison si tu exprimes la moindre idée, opinion….. tu as une famille à nourrir mais rien à leur donner à manger…. tu ne sais pas te servir d’un ordi, tu ne sais pas ce qu’es une Wii, tu n’as ni le téléphone, ni de machine à laver/frigo/micro onde, ni l’électricité, ni l’eau chaude…. tes enfants sont malades mais tu n’as rien pour les soigner, ni véhicule pour les transporter….. alors pour ces gens là, notre devise veut dire quelque chose et vivre dans notre pays si moche est un rêve inaccessible….. voilà je voulais simplement dire qu’on l'on vit qd même dans un pays pas si mal que ça et que si on regardait un peu plus loin que le bout de notre nez, on verrait un peu les injustices qui se passent pas si loin de nos frontières………<br />  <br /> Bonne journée ensoleillée à vous tous !!!
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S
J'adhère totalement à ta petite réflexion toute personnelle.Ceci dit, des injustices, il y en a effectivement partout, dans le monde entier, à tous les niveaux. Et on ne peut pas les combattre toutes à la fois, malheureusement. Alors après il faut choisir ses combats...   :)
J
Putain 5 ans !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
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S
Comme tu dis...Mais bon, 5 ans, c'est à la fois court... et looooong...
T
j'ai beaucoup aimé cet article, parce que c'est ce que je pense depuis pas mal d'année déjà, et ça va bien au delà de ce que je peux penser de Sarkozy. Tu aurais fais le même article, sans y mentionner notre cher nouveau président de la république (>_
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S
Je dois avouer qu'en écrivant cet article, à certains moments, je pensais à toi en me disant que tel ou tel truc te plairait sûrement.   lolContent d'avoir eu raison.   ^^
A
Dernier mot: la DGSE a ordonné un déploiement policier sans précédent dans le pays en cas de victoire de Sarkozy. Parce qu'ils savent qu'il divise énormément l'opinion, au point d'avoir des manifestants voire des émeutes.<br /> La démocratie doit gagner, certes.<br /> MAIS:<br /> Si on fait partie de ceux qui pensent qu'il nest pas dangereux, que c'est un homme de droite normal et qu'il fera comme les autres, dans la continuité des autres (même pour faire mieux hein), alors pourquoi élire massivement un mec si "banal", mais qui risque de mettre à mal l'unité des citoyens en les opposant les uns aux autres, en attisant la haine du salarie contre le fonctionnaire, des "honnêtes" contre les "brigands", des policier contre les jeunes et vice versa, etc ?<br /> Diviser pour mieux régner. Si je me range du côté de ceux qui ne veulent pas dramatiser, je me dis que le jeu alors n'en vaut pas la chandelle, et je ne vote pas pour Sarkozy : la moitié de la France l'aime, l'autre moitié le hait avec ses tripes. Personne n'est indifférent. La situation est la même qu'avec Bush. Bush est potentiellement dangereux, mais la démocratie existe toujours aux USA, comme ce sera le cas avec Sarkozy certainement. Mais à quel prix ?
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