Ce qui va me manquer...
A la veille du départ, il me semblait important de jeter un regard en arrière sur ce gros mois passé ici, pour essayer de garder en mémoire le plus de choses possibles. Mon blogounet aura été un peu mon journal de bord, entre les textes et les photos, ça me permettra de raviver mes souvenirs d'ici quelques mois voire quelques années...
Et comme à tout voyage, il faut une conclusion...
Etrangement, je pense que l'une des choses qui va le plus me manquer, ce sont les écureuils. Tous les matins, en marchant pour aller bosser sur le campus, je voyais des écureuils, sur les pelouses des maisons parfois, mais surtout dans l'enceinte de l'université. Ca avait quelque chose d'apaisant et de presque féérique, de voir ces petits animaux tout mignons (j'échange quand vous voulez 10 pigeons lyonnais contre 1 écureuil de Eugene) gambader sur l'herbe, boulotter des trucs divers et variés en le tenant dans leurs petites mimines, tout en vous fixant et en vous suivant de leurs petits yeux noirs si vous vous approchez trop près. Une fois, j'ai vu un écureuil traverser une rue du campus sur un passage piéton, c'était excellent. Une autre fois, un autre écureuil lapait avidement une petite flaque de glace au chocolat fondue sur le trottoir, essayant de faire abstraction des passants mais s'enfuyant quand même dans un buisson dès que quelqu'un passait trop près, pour revenir aussitôt laper son chocolat dès le danger passé. Et j'ai aussi vu un magnifique écureuil complètement gris, et énorme. Je pense que ça devait être le Prince des écureuils du campus de Eugene, ou un truc comme ça.
Ils vont me manquer, le matin...
Une autre chose qui va me manquer, forcément, ce sont les gens. Les gens en général, mais surtout des gens en particulier. J'ai rencontré ici des gens très intéressants, qui valaient la peine d'être connus, comme on dit, et quelque part je suis un peu triste car je me dis que même si je vais rester en contact avec un ou deux d'entre eux, je ne reverrai sans doute jamais les autres. C'est la vie, c'est comme ça, mais bon, ça fait toujours un petit quelque chose...
Indirectement aussi, le fait que tout le monde parle anglais autour de moi, ça va me manquer. J'aime bien cette langue, et avoir cette impression que l'on comprend et que l'on peut communiquer normalement, ou presque, avec ces gens qui sont pourtants à des milliers de kilomètres, avec une langue différente, une culture différente... c'est assez enrichissant et gratifiant.
L'atmosphère particulière de la ville va aussi me manquer. Eugene est une ville assez étrange, indescriptible, difficile à cerner même lorsqu'on est sur place. Mais on a ce sentiment de tellement de choses cachées, qui attendent d'être découvertes, que ce soit des jolis endroits, des boutiques, des rencontres, des restos... que c'est un peu frustrant de devoir partir si "tôt". Mais je n'ai pas à me plaindre, j'ai déjà fait pas mal de découvertes, dans le peu de temps qui m'était imparti. ^^
Beaucoup plus terre-à-terre, mon boulot au labo de Neurosciences va sûrement me manquer un peu. J'ai appris plein de choses, c'était très intéressant, et c'est particulièrement excitant de compiler ses résultats, de les analyser, et d'en tirer des conclusions qui n'ont pas encore été publiées ! A la fac, en cours, on travaille toujours sur des trucs déjà faits, déjà trouvés, déjà acquis... Là, c'était de la vraie recherche, et de se dire qu'on a peut-être fait une découverte qui va faire progresser la Science... ça le fait grave. :D
Au final, ce sont tous les bons moments passés, seul ou avec des gens, qui vont me manquer. Et ce sentiment de dépaysement, de perpétuelle découverte, le plaisir d'apprendre de nouvelles choses à chaque instant. Mais je pense, que dis-je, je sais d'expérience, que c'est la même chose à chaque fois que l'on voyage, ou plus simplement qu'on quitte un moment son "train-train quotidien" pour faire quelque chose de différent, avant de devoir y retourner. Après, il ne reste plus que les souvenirs, vecteurs de joie diffuse et de nostalgie... Mais même s'il ne reste plus que les souvenirs, c'est tellement mieux que s'il n'y avait vraiment plus rien, et au final, ce sont ces souvenirs, tellement précieux, qui font ce que nous sommes... :)
Bye Eugene...
('tain c'est quoi ça là j'ai une poussière dans l'oeil ou quoi ?..)