Choc(s) culturel(s) (7)
Malgré les déjà 6 articles sur le sujet, il y a un paquet de chocs culturels dont je n'ai pas eu/pris le temps de vous parler. Et à trois jours du départ, si je veux dire deux mots dessus, c'est maintenant ou jamais.
Voici donc en vrac quelques chocs culturels non développés jusqu'ici.
J'y ai déjà fait allusion brièvement, mais ici les portions dans les restaurants sont généralement plus importantes qu'en France. Souvent, il est donc difficile de finir son assiette. Et je connais plein de gens qui, n'aimant pas "laisser", se forcent pour finir. Et bien ici, ce problème n'existe pas puisque les serveurs vous proposent automatiquement à la fin du repas un "doggie bag", ou de façon plus politiquement correcte une "box", s'ils voient que vous n'avez pas fini votre repas. Du coup, on met ce qui reste dans la petite boite plastifiée, on met ça au frigo en rentrant, et on peut le faire réchauffer le lendemain. Pas de gaspillage, tout le monde est content, ça tombe presque sous le sens. Et pourtant, en France, si vous demandez une boîte à un serveur pour ramener les restes, il va soit se foutre de vous, soit vous cracher dessus, soit vous montrer du doigt en criant "Bouhhh !" pour que tous les autres clients vous jettent des trucs à la figure. Bon ok j'exagère un peu, mais comment se fait-ce qu'une si bonne idée soit aussi peu populaire chez nous ?
Les américains ont l'électricité (si si, je vous jure), mais c'est pas la même que chez nous. Là où une prise murale va délivrer du bon vieux 220V en France, c'est du 110V qu'on aura ici. Résultat, les prises (mâles et femelles) ne sont pas physiquement compatibles (les américaines sont plus petites), et de toutes façons ça ne marcherait pas même si c'était le cas. Que fait-on dans ce cas-là quand on veut faire marcher un appareil électrique français (un radio-réveil par exemple, complètement au hasard) ? On achète un adaptateur, qui coûte environ 40-50 dollars. Et puis on branche son réveil dessus, et ça marche. On règle l'heure, et on va se coucher. Et le lendemain matin, la tête dans le coude au réveil, on panique un peu. Parce que même avec un adaptateur, ça n'est pas tout à fait pareil, et du coup le réveil prend très vite de l'avance (ou du retard, c'est selon). Donc en gros ça marche pour recharger des trucs (portables, DS), pour faire marcher la plupart des appareils électriques (sèche cheveux), mais pour les réveils... Boarf, faut en acheter un sur place. :/
Je sens que l'ami Jack va encore jouer son chaud, mais pourtant c'est la vérité vraie : globalement, les gens ici sont plus souriants dans la rue. Attention, je parle de Eugene, donc je ne peux pas me prononcer pour le reste des Etats-Unis. Mais en tout cas, dans le coin, même si comme en France beaucoup de gens tracent ou évitent votre regard, d'autres, au contraire, beaucoup plus nombreux que dans mon hexagone natal, vous sourient, voire vous saluent, de la tête, de la main, ou de la voix. Et c'est assez plaisant de croiser des gens et d'échanger un sourire (c'est encore plus plaisant quand c'est une jeune et jolie étudiante, mais c'est plaisant dans tous les cas ^^ ). Après, encore une fois, je leur demande pas de devenir mes meilleurs amis, mais juste échanger des sourires avec des inconnu(e)s, sortir un peu de sa bulle, c'est toujours agréable, et sûrement plus constructif que de tirer la gueule ou d'ignorer les gens qui déambulent dans notre périmètre. :)
Un truc horrible quand on n'est pas d'ici (comme moi, par exemple), c'est la non-correspondance des unités. Le système métrique, ils connaissent pas ici. Et vas-y que je te parle en miles, en feet, en inches ou même en degrés Farenheit... Résultat, il faut soit avoir une table de conversion dans la tête, soit faire une estimation à la louche, soit hocher la tête d'un air intelligent, à la Joey. Quand on te dit "Il conduisait à 120 à l'heure", il faut comprendre "Il conduisait à 190 km/h" (c'est encore plus vite). Et quand tu vois dans la rue sur un panneau lumineux qu'il fait 37° dehors, alors qu'il est en train de neiger, tu comprends qu'il fait en fait 3°C (ou alors c'est que le thermomètre a pris un sérieux coup dans l'aile). Pas toujours facile...
Ce qui m'amène au sujet suivant (quelle habile transition), le temps. Si pendant trois semaines le soleil a été particulièrement présent, depuis plusieurs jours j'ai (enfin) droit au climat typique de la région : du ciel gris et de la pluie. En fait, depuis une semaine, le soleil et les nuages jouent au chat et à la souris. C'est bien souvent les nuages qui gagnent, et la plupart du temps ils sont joueurs et amènent leur copine la pluie, voire leur autre copine la grêle. Cet après-midi, j'avais décidé de profiter de mon temps libre pour aller faire un peu de shopping, surtout que le soleil semblait gagner un peu de terrain par rapport aux jours précédents. En gros, les périodes de soleil entre la pluie duraient jusqu'à une heure au lieu de 5 minutes. Je marche de la fac aux boutiques qui m'intéressaient, au début sous une pluie très fine puis sous un beau soleil. Je fais mes achats, je farfouille un peu, je prends mon temps, je ressors, il pleuvait un peu. Je commence mon périple de 40 minutes de marche vers la maison (le système de transports en commun est quasiment inexistant et peu pratique dans le meilleur des cas), et au bout de 5 minutes, la pluie se transforme en neige. Avec le vent, c'était particulièrement sympa, j'avais beau avoir mon parapluie je suis devenu tout blanc en deux minutes... J'essayais de marcher sous les auvents des boutiques la plupart du temps, mais il y a un moment où il faut prendre son courage à deux mains. Résultat, j'ai marché 20 bonnes minutes sous la neige avant qu'elle ne se retransforme en pluie, puis que le soleil refasse une timide apparition, chassant la pluie 5 minutes avant que j'arrive à destination. J'ai lutté contre les éléments pour garder tout ce que j'avais acheté le plus au sec possible, j'avais les mains gelées, j'étais bien content de rentrer. Mais qui m'a foutu un temps pareil ? :p
Dernier point, les cartes de crédit. Je ne m'étendrai pas trop là-dessus, parce que j'ai pas tout compris, mais en fait ici les gens ont plein de cartes différentes, des cartes de débit, des cartes de crédit, avec des taux différents, ils jonglent avec (pas pour de vrai hein, à part s'ils travaillent dans un cirque) pour transférer leurs fonds d'une carte à l'autre ou faire des achats avec telle carte plutôt qu'une autre parce que ça leur rapporte des avantages, puis ils abandonnent une carte quand l'offre promotionnelle correspondante prend fin... Ca a l'air bien compliqué en tout cas. Et surtout, les fois où j'ai payé des trucs avec ma carte de crédit made in France, je n'ai pas eu à rentrer mon code (je sais que c'est comme ça dès qu'on passe les frontières en fait, ça n'est pas propre aux Etats-Unis). C'est pratique, pas de code à retenir, mais en même temps c'est un peu flippant, n'importe qui peut utiliser ta carte. T'as pas intérêt à la perdre...
Voilà voilà, j'ai vécu des tonnes d'autres "chocs", plus ou moins importants, mais je pense avoir fait le tour des plus marquants. Ce que je me demande maintenant, c'est si je vais avoir des chocs culturels "à l'envers" en rentrant en France...