Choc(s) culturel(s) (2)
Après la première vague de chocs culturels, en voici une nouvelle fournée. Encore une fois, j'ai dû faire un choix difficile, tellement j'en prends plein la face dans tous les sens (enfin gentiment hein), mais j'en garde sous le coude pour plus tard, z'inquiétez pas.
Choc culturel n°4 : A student's life
Une chose à laquelle je ne m'attendais pas vraiment, c'est que quand je marche dans la fac, et que je regarde les autres étudiants... ils ont l'air complètement normal. Ce que je veux dire, c'est que d'aspect en tout cas, les étudiants de la fac de Eugene (UvO en fait, University of Oregon) sont les mêmes que les étudiants de la Doua, ma fac à moi. La seule différence notable, c'est qu'il y a plein d'étudiants ici qui arborent les couleurs de la fac sur leur sweatshirt, en l'occurence un gros "O" jaune sur fond vert. En France je vois rarement des gens avec un T-shirt UCBL. :p
Sinon, tout le reste, c'est pareil. Les fringues, les attitudes, les téléphones portables, les ordinateurs portables, les bouquins, les sacs... c'est comme dans les films, mais en fait, c'est surtout comme chez nous.
D'ailleurs, dans la série "La jeunesse américaine présentée dans les films et séries est-elle un cliché ?", mon repas de midi était assez folklorique. J'ai mangé à l'EMU, au coeur de la fac, comme tous les midis, le choix de nourriture est assez vaste et il y a pas mal de place pour se poser et manger, ou bouquiner, ou bosser... J'ai essayé le World Flavors, des raviolis (les vrais gros) à la sauce tomate avec des boulettes de viande, des breadsticks... c'était super bon. Bref, une fois mon assiette en main, il a fallu que je trouve une place pour m'asseoir. J'avise une table de 4 où il y avait juste un mec assis, je lui demande si je peux me mettre là, et il me dit oui. Il avait trop le look djeun's, avec le sweatshirt, le gros casque de walkman autour du cou, il lui manquait plus que le skate. Je m'assieds, donc, et (juste pour l'anecdote) je remarque à la table en face une jolie fille, genre l'héroïne blonde dans les films, qui portait un short, comment dire... qui donnait au mot "short" tout son sens...
Bref, je m'assieds, et 20 secondes plus tard, deux gars s'asseyent à ma table, c'était les potes du premier. Pendant 10 minutes, leur sujet de conversation a été des éventuelles prochaines virées sur la côte, et ils n'arrêtaient pas de dire "Dude" quand ils se parlaient. C'était rigolo. Et donc, non, tout ce qu'on montre dans les séries sur la jeunesse américaine n'est pas un cliché... :p
Choc culturel n°5 : Waitress, please ?
Première chose, dans les restaurants, le prix, contrairement à la France, ne comprend pas le service. Autrement dit, les serveurs et serveuses vivent grâce aux pourboires. Autant dire que le pourboire, ici, c'est obligatoire. Si vous oubliez, la serveuse ne restera pas longtemps votre amie (il vaut mieux ne pas revenir dans le même restaurant, du coup :p ). Il n'y a pas de règle prédéfinie, c'est surtout en fonction du budget de chacun, mais même si on met 10 cents, c'est le geste qui compte. Ceci dit, quand tu n'es pas étudiant, chômeur, enfin pauvre quoi, une moyenne de 10 à 15% du prix de l'addition semble appropriée. Ca peut donc être une bonne idée de calculer le coup avant pour connaître le vrai budget de la soirée au restau.
Autre chose, qui n'a pas grand-chose à voir, ici, les brocs d'eau sont une exception, contrairement aux glaçons. En gros, dans la plupart des restaus du coin, les verres sont remplis d'eau et de glaçons en début de repas (même s'il fait -12 dehors), et les serveurs veillent au grain, se précipitant vers vous (enfin presque) dès que vous avez fini votre verre pour le reremplir à partir d'un pichet qui est sur une table à part. Je ne sais pas trop pourquoi on ne peut pas faire ça soi-même... C'est peut-être pour que les serveurs justifient leurs pourboires... :p
Choc culturel n°6 : A map ? Who needs a map ?
A Eugene, comme dans la plupart des grandes villes américaines, la ville est quadrillée par les rues, qui sont toutes droites et se coupent les unes les autres à angle droit. Dans un sens, les rues ont des noms normaux (Oak Street, Olive Street, McMillan Street, University Street,...), dans l'autre, ce sont des nombres (la rue principale qui traverse la fac est la 13ème, il y a plein de commerces sur la 18ème, la maison de Sylvie se trouve entre la 24ème et la 25ème,...). Du coup, toute la ville est découpée en "blocks", des carrés délimités par les 4 rues qui les entourent, et qui sont utilisés comme unité de distance. Et c'est pratique, si vous connaissez une adresse, même si vous ne savez pas où c'est, vous pouvez au moins commencer à vous orienter dans la bonne direction.
Et si sur les rues chiffrées les numéros des maisons (ah oui, il n'y a quasiment aucun immeuble à Eugene, le bâtiment le plus haut que je vois pendant les 40 minutes de marche entre la maison et la fac fait trois étages, et c'est une exception) sont à peu près normaux et se suivent comme en France, dans les rues à nom normal, les numéros des maisons correspondent aux rues transversales. Je sens que ça n'est pas très clair alors j'explique. Par exemple, sur Olive Street entre la 23ème et la 24ème, les maisons vont être numérotées 2300 Olive Street, puis 2310 Olive Street, puis 2320... et dès qu'on dépasse la 24ème on passe à 2400, 2410... Et quand une nouvelle maison est construite entre deux déjà existantes, elle prend un numéro entre les deux, style 2305 ou même 2308 (oh mon dieu ça n'est pas un nombre rond on va tous mouriiir !).
De la même façon, ça permet de se repérer pas trop difficilement. Bon toutes ces rues toutes droites ça donne une impression assez bizarre, mais on s'y fait... Et puis on est en Amérique ou pas ?