Choc(s) culturel(s)

Publié le par SebO

Quand on est dans un aéroport, la seule chose qui indique le pays dans lequel on se trouve, c'est la langue des annonces qui passent dans les haut-parleurs, les noms des magasins, la monnaie demandée dans les bars. A part ça, un aéroport ressemble comme deux gouttes d'eau à un autre aéroport : des gens qui attendent, des gens qui marchent plus ou moins vite, des gens qui parlent plein de langues différentes, des gens avec des sacs, des valises et des cartes d'embarquement, des gens qui montent dans un avion, des gens qui descendent d'un avion...

 

Mais quand on sort de l'aéroport, les choses changent. On ne s'en rend pas compte tout de suite, c'est progressif, il y a d'abord les mêmes indices que dans l'aéroport, noms des magasins, monnaie utilisée, et puis on réalise que, bizarrement, tous les gens parlent la même langue. Et bien sûr, pas la votre. Et petit à petit, on découvre de plus en plus de choses qui soulignent les différences, ou plutôt les particularités du pays dans lequel on se trouve.

A peine arrivé, au bout d'une ou deux journées ici, je me suis rendu compte que, bien qu'ils aient eux aussi (pour la plupart) deux jambes, deux yeux, des cheveux, qu'ils utilisent des voitures, bus, vélos pour se déplacer, qu'ils vont faire leurs courses dans des supermarchés ou des superettes, bref, que, globalement, ils ne semblent pas foncièrement éloignés des Français à tous points de vue, les Américains sont différents. Certaines choses sautent aux yeux, d'autres sont beaucoup plus subtiles.

Je ne vais pas faire une liste exhaustive (qui, déjà au bout de deux jours, serait trop longue), mais je vais essayer de vous faire partager quelques aspects de cette vie outre-Atlantique. Voici les trois premiers chocs culturels, quelque chose me dit qu'il y en aura d'autres dans les semaines à venir...   ;)

 

Choc culturel n°1 : Lost in translation

Sans me vanter (c'est pas mon genre   :p ), je me débrouille pas trop mal en anglais. Ca fait 10 ans que je lis des romans en anglais, j'ai regardé la deuxième saison de Desperate Housewives en VO sans sous-titres, bref, même si je suis loin d'être bilingue, j'ai quelques bases. En particulier au niveau de la compréhension, surtout écrite, j'ai peu de problèmes. Le paquet de bouquins que j'ai pu lire m'ont permis d'acquérir un vocabulaire satisfaisant, ainsi que les structures de phrase les plus courantes, que ce soit des structures soutenues ou plus "populaires".

En revanche, je savais que mon gros point faible, c'était l'expression orale. J'appréhendais un peu, mais j'espérais quand même être capable de me débrouiller. Résultat au bout de deux jours : je me débrouille, certes, mais je lutte quand même pas mal parfois pour trouver mes mots. J'arrive à me faire comprendre, et c'est le principal, mais mes lacunes ont quand même donné lieu à quelques magnifiques quiproquos linguistiques, et c'est de ça dont je voulais vous parler.

Lundi, j'avais rendez-vous avec mes différents responsables pour faire connaissance, faire le tour du labo, et voir un peu quel allait être mon travail pour le mois à venir. Après m'avoir présenté les lieux, Ted, mon tuteur, avec qui je vais travailler pendant tout ce mois, m'emmène dans la réserve de l'université pour me donner un cahier et pour récupérer des fournitures pour lui. Dans la réserve, on parle du matériel nécessaire pour les expériences, tout ça, et voyant une blouse traîner sur une étagère, je lui dis "Oh, I didn't know if I would need it, but I brought my blouse" (Je ne savais pas si j'en aurais besoin, mais j'ai amené ma blouse). Là il me regarde avec des yeux un peu étonnés et me dit "What ?". Je lui répète ma phrase, et, toujours étonné, il me répète "Your what ?". A ce moment-là, je commence à douter, et je me souviens que "blouse" veut aussi dire "chemisier" (vous pouvez vérifier en tapant "blouse" sous Google Images, vous verrez ce que je veux dire). Mais je me dis que dans le contexte, quand même, il devrait comprendre. Dans un éclair de génie (hum), je lui montre du doigt la blouse posée sur l'étagère. C'est l'illumination dans les yeux de Ted : "Ohhh, a lab coat !". Je me suis empressé de marmonner mon approbation. Et c'est ainsi que j'ai appris qu'en anglais, "blouse" ne voulait dire que "chemisier"...

J'ai quelques autres exemples, mais bon, on va pas y passer la nuit non plus...   :p

 

Choc culturel n°2 : May I help you sir ?

Ici, le mot "commerçant" prend une toute autre dimension. Durant ces deux jours, j'ai eu l'occasion d'aller déjà dans quelques magasins, supermarchés et restaurants et d'observer les gens qui y travaillent. Le constat est sans appel : la notion de service est complètement différente de celle des commerçants français. En France, c'est un peu la loterie. Si tu as de la chance, tu tombes sur un vendeur ou une caissière sympa. Si tu n'as pas de chance, c'est limite si la personne censée te servir ne te fait pas sentir qu'elle se porterait bien mieux si tu n'étais pas là en train de l'ennuyer.

Ici, c'est incroyable, tous les vendeurs sont tes amis. Ils t'accueillent depuis l'autre bout du magasin avec un sourire ou une blague, ils discutent avec toi, te demandent de tes nouvelles, et s'intéressent vraiment à ce que tu leur dis. S'ils te demandent si ça va, ils attendent vraiment une réponse, ce qui n'est pas le cas en France. Et non contents de t'accueillir à bras ouverts, et vas-y qu'ils te souhaitent bonne journée avec un air des plus sincères et un sourire à faire pâlir le Joker (oh oh oh).

Pire encore, la qualité de service n'a rien à voir. Au supermarché, quand c'est possible, c'est un employé qui remplit ton sac à la caisse, pendant que tu discutes avec la caissière et que tu sors ton portefeuille pour payer. Dans le même magasin (à mi-chemin entre une superette et un supermarché, en fait), ouvert jusqu'à 23h tous les jours, on cherchait une tarte pour manger en dessert le soir (il était 21h45). On entre dans le magasin, Matt, l'ami de Sylvie chez qui on habite pendant notre séjour, demande à une caissière libre où se trouvent les tartes. Aussitôt, celle-ci ferme sa caisse et nous emmène carrément à l'endroit des tartes, tout en tapant la discute...

Encore mieux, j'ai trouvé un magasin de jeux vidéo. Une sorte de paradis du HCG, avec des jeux neufs ou d'occas' pour toutes les consoles (ils avaient des jeux NES !), des consoles, des accessoires, du sol au plafond sur tous les murs. Après avoir fait le tour du magasin en bavant, je regarde les jeux neufs pour ma DS. Et je vois qu'il y a deux boîtes différentes de Phoenix Wright, celle que je connaissais et une autre. Je savais qu'une suite était prévue mais je ne pensais pas qu'elle était déjà sortie, même ici. Dans le doute, je vais voir le vendeur (environ 35-40 ans, super sympa), je lui explique et il me dit qu'il ne sait pas trop, qu'il est possible que ce soit la suite mais qu'il ne peut rien me garantir. Voyant mon air indécis, il me sort alors "Vous pouvez l'essayer si vous voulez". Surpris, je dis ok, il prend la boîte de jeu, neuve, ouvre le plastique, sort une DS d'un tiroir, met le jeu dans la console et me la tend. C'était effectivement la suite, donc je lui dis que je prends le jeu (29,99 dollars, soit 23 euros, alors qu'il en coûtera probablement 39 en France), et là, pris d'un doute sur la compatibilité du jeu avec ma console française, je lui dis que j'ai ma DS sur moi et que j'aimerais essayer le jeu voir si ça marche. Il me dit qu'il n'y a pas de problème, du coup j'ai sorti ma console et j'ai mis le jeu dedans pour l'essayer (pour info ça marchait très bien). Enfin voilà, il fallait être là pour voir l'ambiance super bon enfant de toute la transaction. Je ne sais pas si j'aurais trouvé la même chose dans beaucoup de magasins français...

 

Choc culturel n°3 : cùest auoi ce clqvier de ;erde §1§

Bon ben là, rien de très étonnant, mais ça fait quand même un choc quand on en a un vrai sous les doigts, et surtout qu'on est obligé de taper avec. Heureusement que je peux écrire mes articles sur l'ordi portable de Miss C. qui est en Azerty, parce que croyez-moi, quand on est habitué à une disposition de lettres, avoir un clavier différent, c'est vraiment... un peu comme s'il fallait réapprendre à écrire.

Je ne parle même pas des accents, qui n'existent tout simplement pas, mais certaines lettres et tous les signes de ponctuation sont placés ailleurs. Bref, c'est la grosse galère pour taper avec ça, et c'est bien sûr un PC comme ça que j'ai au labo.

Un avantage ceci dit, j'ai enfin compris le "!!!!!!!!!11111" des geeks, parce qu'en fait sur un clavier Qwerty, les chiffres du haut de clavier sont en minuscule, et le point d'exclamation correspond à la majuscule du "1". Voilà, ça n'a strictement aucun intérêt, mais je me coucherai quand même moins bête ce soir.

 

Bon, je vais arrêter là, parce que j'ai encore des milliers de choses à raconter (déjà !), mais je pense que ça suffira pour aujourd'hui...   :)

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Publié dans De tout et de rien

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J
Au sujet de la déception, elle peut se créer dès que tu dépasses le stade de la relation commerciale ou politesse de circonstance. En gros, tu peux rencontrer des gens, sympatiser avec eux, avoir un excellent premier retour, et puis te rendre compte après que la sympathie qu'ils ont affiché pour toi n'était en fait que de la politesse, une façon d'être. Et je ne suis pas le seul à m'être rendu compte de ça. Bref, l'américain a un tempérament hyper social assez déroutant.
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S
Je n'ai pas assez de recul pour vraiment argumenter sur le sujet, mais attention, je parlais seulement des gens dans les commerces, et c'est tout. Pas de généralisation hâtive.   :p
I
ouais mais là Sebo est victime du "Jet-Lag", donc à prendre en considération !<br /> <br /> Seb, si tu me lis, j'taaaaaaaaaadddddooooore...<br /> Ok, je coupe le son<br />
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S
Irosamay... comment dire... c'est l'heure des petites pilules bleues maintenant...   :D
G
@ irosamay : tu t’es encore gourée comme avec Flure (tiens il est ou Flure , plus de coms ?!)!!! il fallait dire « Thanos tu es une veinarde » car c’est une madame, c’est Seb.o qui l’a dit !!!<br /> <br />
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S
Non mais non mais là c'est un peu particulier, c'est pas vraiment une madame, voire c'est plutôt du genre barbu, le "madame" c'est juste.. pfff, trop long à expliquer...   XD
G
MDR, un clavier QWERTY !!! c’est pas trop cool, ça !! je sais pas à quelle vitesse tu écris tes articles, mais ça doit vachement te ralentir.....Enfin, au début, après ça viendra tout seul....<br /> Ça me rappelle la 1ère fois que j’ai conduis à gauche, en Angleterre, avec une voiture anglaise. Le minot que je gardais m’a demandé si j’avais bien mon permis après avoir calé 3 fois et m’être trompé de côté à chaque carrefour !!!<br /> <br />
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S
Non mais non mais tu rigoles, j'écris mes articles sur un clavier Azerty (sinon y'aurait pas les accents, bécassonne), je mets déjà assez de temps comme ça, j'ose même pas imaginer l'horreur...
I
De toute façon, nous ne sommes pas meilleurs que les autres! Et même si c'est une façade, c'est pas grave! Quand on est loin de chez soi, c'est toujours agréable de voir quelqu'un vous sourire et vous parler!<br /> <br /> Bonnes vacances Thanos, tu es un veinard ;D
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S
Quoi ?!? Comment ça je ne suis pas meilleur que les autres ?!? C'est vrai ?!?Ah non mais vous parliez pour les autres gens, ouf, j'ai eu peur...   :o