Dé-fête nationale
Bon, je pense que je ne vous apprends rien, la France a perdu la Coupe du Monde de Football. Enfin, disons plutôt que l'Italie a gagné la Coupe du Monde de Football. Certains diront que c'est la même chose, mais ça n'est pas tout à fait vrai.
Pour ma part, je n'ai pas regardé le match. J'ai regardé les 5 premières minutes, et j'ai donc vu le but de Zidane sur penalty, et puis je suis allé faire autre chose. J'avais quand même les commentaires en direct, mais bon, voilà... C'était rigolo parce qu'on pouvait presque analyser le match via les cris des voisins, en cas de but, d'occasion manquée, ou autre...
Dix minutes avant la fin du match, vers la fin des prolongations, des pétards et des petits feux d'artifices ont explosé pas loin de chez moi. Je me suis dit que la personne devait voir que ça sentait le sapin et préférait utiliser ses pétards sur le moment coûte que coûte plutôt que de les garder dans un coin pour la prochaine occasion.
Et puis l'Italie a gagné, et là, ce fut le silence pendant un bon moment. La France accusait le coup. Tout le monde se préparait à faire la fiesta toute la nuit, et finalement non. C'était une mini-catastrophe nationale. Les lois passées en douce par le gouvernement au début de l'été, les tests de missiles de la Corée du Nord, la nouvelle flambée de violence au Proche-Orient, ça on s'en footait, mais là il venait de se passer quelque chose de vraiment grave et important : la France n'avait pas gagné ce match de foot. Les dizaines de millions de supporters français se révéillaient brutalement d'un joli rêve, avec une sacrée gueule de bois.
Bien sûr, il y a eu des rebelles. Des gens qui avaient décidé de faire la fête ce soir-là quoiqu'il en soit, et qui n'allaient pas se laisser arrêter par une vulgaire défaite. Ou des gens qui fêtaient la performance globale de l'équipe de France. Ou des pro-italiens camouflés, on ne le saura jamais. Toujours est-il qu'il y a quand même eu des pétards, des klaxons, mais épars, isolés, et qui n'ont pas duré bien longtemps. Le coeur n'y était pas.
Et pire que tout, les gens se remettaient à peine du choc de la terrible révélation : Zinedine Zidane, ce héros des temps modernes, le roi du ballon rond, Zizou le Grand, l'idole de tout un peuple, Zinedine Zidane, donc, n'est pas parfait. L'icône de bravoure et de droiture a pété un câble et s'est ramassé un carton rouge bien mérité sur un coup de tête, mettant en péril son équipe et la nation toute entière par la même occasion.
Un tel comportement est inacceptable dans le monde du sport, de la part de qui que ce soit, mais là c'était Zidane, alors c'est pas grave, va. J'ai même entendu des analystes, des psychologues (ahhh, les psy de la télévision...) dire que ça le rendait plus humain, plus accessible, que les gens allaient d'autant plus l'apprécier. Mais qu'est-ce qu'il faut pas entendre...
Bref, ça fait quand même deux articles en pas longtemps sur le football, moi qui ne trouve pas grand intérêt à ce sport j'ai un peu honte. Mais comme le disaient les défenseurs de l'événement dans ces mêmes colonnes, ça n'est qu'une fois tous les quatre ans. Et puis en plus c'est terminé. Le foot est fini, retour à la vraie vie.
En fait à la base si je vous parlais de ça c'était aussi pour vous faire partager deux petites choses que j'ai trouvées amusantes en rapport avec les événements de cette finale. Les gens n'ont pas perdu de temps. Je vous propose donc de voir le dessin de Deligne sur le résultat de la finale, et un petit jeu en Flash pour faire comme Zizou ! Amusez-vous bien ! :)