Ennemi public numéro un
Il y a dix jours, je vous disais qu'on avait vu une horrible maladie en cours. Je suis sûr que vous attendiez toutes et tous l'article concernant cette maladie avec une impatience grandissante. Mais si allez, faites pas vos timides. Bon du coup j'ai décidé de ne pas vous faire languir plus longtemps et de commencer la semaine avec un truc bien dégueu comme on les aime. Enfin pas trop non plus, n'oublions pas qu'il y a des enfants qui regardent, quand même.
Alors que le monde entier a les yeux rivés sur les canards, poules et autres cygnes (saviez-vous qu'il n'y a que quatre espèces d'oiseaux dont les mâles possèdent un pénis ? Les autres ont un cloaque, autrement dit un trou, comme les femelles. Dingue), une petite bête continue de faire des ravages. Que dis-je, une petite bête. LA petite bête. Je veux parler du moustique, qui, comme vous le savez, est mon animal préféré.
A mon avis, quand Dieu a eu fini la Création du monde, le Diable a dû venir le voir en lui demandant si lui aussi pouvait créer un animal, juste uuun, alleeez, steupl', Dieu, fais pas ton coincé lààà, te dis. Dieu s'est dit qu'un animal de plus ou de moins ça pouvait pas faire de mal et le Diable a créé le moustique. L'animal qui sert à rien, à part transmettre des maladies, te filer des boutons qui grattent et t'empêcher de dormir.
Par la même occasion d'ailleurs, Dieu qui se sentait d'humeur généreuse a permis à un poivrot qui passait par là de créer un animal, lui aussi. Le mec, complètement bourré et ne comprenant pas trop ce qui lui arrivait, s'est exécuté. Resultat : l'ornythorinque est apparu sur Terre.
Bref, le moustique donc. Ce brave insecte contamine les gens avec de nombreuses maladies, comme la malaria (ou paludisme), la dengue ou le maintenant surmédiatisé tchoukoun... kitchoun... chicken... chikungunya (prononcer "chikungunya"), qui frappe les gens qui sont en réunion. Ou un truc comme ça.
Mais je voulais vous parler ici d'une autre maladie qui se transmet grâce à nos petits amis ailés : la filariose lymphatique.
Pour commencer, un petit cours de biologie : le sang de votre corps voyage grâce à vos vaisseaux sanguins (et ouais, qu'est-ce que vous croyez, que je suis en troisième année pour rien ?). Mais en parallèle, il existe une autre circulation qui vit tapie dans l'ombre, ignorée de tous, la circulation lymphatique. Celle-ci permet entre autres de drainer l'excédent d'eau de nos tissus afin que nos pitites cellules ne gonflent pas comme des préservatifs sous un robinet ouvert (faites pas vos innocents, on a tous fait ça). L'eau est captée et voyage dans les vaisseaux lymphatiques pour être rejetée dans la circulation sanguine.
Or notre ami le moustique peut parfois transmettre à une personne piquée des minuscules vers parasites qui viennent se loger dans les ganglions lymphatiques et prolifèrent comme des dingues. Hmmm, je vous avais prévenu, c'est appétissant. Et le pire reste à venir. Ces parasites prolifèrent tellement qu'ils peuvent parfois boucher complètement une partie de la circulation lymphatique. Du coup, l'eau en excédent dans les tissus ne peut plus être drainée dans la circulation sanguine et est donc accumulée dans les parties ainsi isolées de la circulation lymphatique. Dans les pires cas, on peut voir se développer un éléphantiasis, le plus souvent dans les membres inférieurs, ou de façon un peu plus... centrée, comme le montre la photo suivante (réalisée sans trucage) :

C'est ce qui s'appelle avoir les boules ! Oui, oui, je sais, elle était facile. J'assume. :p
Cette maladie menace tout de même un milliard de personnes dans le monde, essentiellement en Asie et en Afrique (toujours les mêmes qui ramassent). En Inde, 45 millions de personnes sont infectées.
Enfin bref, tout ça pour dire que même si ça ne nous concerne pas directement en Europe, il reste de notre devoir d'éclater la mouille à tout moustique passant dans notre rayon d'action. Un petit clap pour l'homme, un grand pas pour l'Humanité.