Et toi, à combien t'empiles ?
Oubliez vos yoyos, enterrez vos pogs, avalez vos billes (bon en vrai j'imagine que c'est déjà fait depuis un bail, mais c'est pour mon intro alors merci d'être un peu compréhensifs), je vais vous parler aujourd'hui du truc de la mort qui tue qui va remplacer tout ça dans le coeur et surtout les mains de nos charmants bambins (limite je ferais des alexandrins).
Mais revenons au commencement. Lorsque nous étions à Tokyo, avec Thanos et Agent F., nous voyions régulièrement sur les étals des magasins des boîtes étranges au rayon jeux et jouets, des boîtes de... verres en plastique. Des verres verts, souvent (sans aucun jeu de mots, pour une fois). Des verres verts à l'envers, même (là, par contre...). Des boîtes qui ressemblaient à ça, par exemple.
Vous remarquerez d'ailleurs je l'espère l'air sévère du garçon qui regarde vers ces verres verts à l'envers.
Bref, toujours est-il qu'on se demandait à quoi ça pouvait bien servir. Enfin pas vraiment, puisque l'illustration sur la boîte, ainsi que le nom (Speed Stacks, "to stack" voulant dire "empiler" en anglais), nous aiguillaient fortement vers la fonction de ces gobelets de plastique. Simplement, nous n'en voyions pas vraiment l'utilité fondamentale. Quel plaisir peut-il bien y avoir à empiler des gobelets le plus rapidement possible ? Qui achèterait ce truc ?
Et bien nous nous trompions lourdement. Le Cup Staking, renommé officiellement Sport Stacking il y a 3 ans, est une discipline née aux Etats-Unis dans les années 80. Elle s'est réellement faire connaître du grand public dans les années 90, et depuis quelques temps, elle connaît un essor grandissant, en particulier dans les pays anglo-saxons (USA, Royaume-Uni, Australie), en Allemagne et au Japon (d'où les boîtes dans les magasins). Il y a des compétitions officielles, avec des arbitres, des records du monde, des figures imposées, et tout le tralala. Le Sport Stacking est aussi bête qu'il y paraît : ça consiste à empiler de façon pyramidale et désempiler (c'est désopilant) 12 gobelets de plastique le plus rapidement possible, de diverses façons.
Il existe plusieurs figures, suivant la position des gobelets. On imagine facilement combien il faut de gobelets minimum pour l'empilement le plus simple : trois, deux pour la base et un pour le sommet. Si on rajoute un étage, il faut six gobelets au total. Et un total de 10 gobelets pour une structure à 4 étages. Les différentes figures reprennent donc ces chiffres : on a le 3-6-3, le 6-6, le 1-10-1, et surtout la figure ultime, The cycle (je ne me donne pas la peine de traduire, hein), qui consiste en l'enchaînement d'un 3-6-3, d'un 6-6, d'un 1-10-1 puis d'un 3-6-3 et hop on remballe tout.
Et alors, pourquoi je vous parle de tout ça, me direz-vous ? Premièrement pour enrichir votre culture générale (si si). Deuxièmement pour que vous soyiez un peu à la page (ça claque trop de parler de Sport Stacking pendant un cocktail par exemple). Et troisièmement, surtout parce que je suis tombé sur une vidéo et que je n'en croyais pas mes petites mirettes. Alors pour que vous partagiez mon étonnement (ou pas, c'est ça, allez-y, faites vos blasés de la vie), voici ce que ça donne en vrai.
Je précise que ces vidéos sont en temps réel, elles ne sont pas accelérées. La première est une prestation d'Emily Fox, restée championne du monde pendant 4 ans. La vidéo est celle de l'établissement de son record, en 2002, elle avait 15 ans. Désolée pour la voix et la musique toutes pourries du début de la vidéo, c'est pas ma faute.
La deuxième vidéo est celle d'un illustre inconnu qui doit avoir à peine une dizaine d'années. Juste pour en montrer une autre. Il en existe des dizaines de disponibles sur le Net si ça vous intéresse.