Le jour le plus long
Juste un petit article en passant pour vous parler de ma première vraie grosse journée de boulot chez McDo.
J'avoue que j'appréhendais un peu, une journée comme ça après presque deux mois de presque glande presque intensive, je me disais que ça allait faire bizarre. 12h - 20h, avec une pause d'une demi-heure, c'est pas la mort mais c'est quand même rester 7h30 debout, rester 7h30 à courir dans tous les sens en restant concentré (je suis toujours en formation), bref, c'est à la fois 7h30 qui passent vite, mais qui restent longues.
De 12h à 14h30, je me suis occupé des frites, poste pas trop difficile mais assez tendu quand tu es seul et que les gens arrivent par vagues (ben voui, faut gérer les stocks, faut pas en faire trop pour pas que ça ait le temps de refroidir, mais faut pas tomber en rupture non plus). Et après ma pause, à 15h, après un soupçon de lobbying, je suis passé en caisse, avec une charmante hôtesse (rien à voir avec les avions ou les hôtels, c'est un grade supérieur chez McDo), pour ma formation sur le poste. Mon premier contact avec une caisse depuis 6 ans. Et je dois avouer qu'après trois jours et demi en cuisine, ce retour à mes premières amours a été un bonheur intense (non, quand même pas aussi intense que ça, mais vous avez compris)
Au début, j'ai un peu galéré, je ne me souvenais plus où étaient les différents trucs, je ne me souvenais plus comment on faisait un Sundae ou un Flurry (han le noob), les caisses avaient changé, bref, il fallait que je retrouve mes repères. Mais vu qu'on était l'après-midi, qu'on était en pleines vacances d'été, et que j'avais une pro avec moi pour m'aider, cette reprise n'a pas été trop difficile, et à 18h, j'ai même été largué seul (avec un peu d'aide quand il y avait besoin) pour mes deux dernières heures.
Et oui, vraiment, ça a été un super après-midi. Je n'ai pas vu le temps passer. Non seulement l'équipe du McDo où je suis est super sympa (et c'est très agréable de travailler dans de telles conditions), mais en plus j'ai eu droit à plein de clients super cools. J'ai redécouvert le contact avec la clientèle, les sourires, les petites blagues, la complicité avec les gens, les clients et les collègues, tout ce côté contact qu'on retrouve dans la plupart des jobs de commerce et qui me plaît beaucoup. Vu qu'il n'y avait pas trop de monde (un peu quand même, mais juste ce qu'il fallait), et que je savais que je pouvais demander de l'aide si besoin, j'ai pu bosser sans stresser, et même s'il faut que je regagne en rapidité, ça s'est très bien passé. Limite je me suis dit que si j'étais certain de pouvoir être tout le temps en caisse je continuerais de bosser là toute l'année.
Et ce qu'il y a d'encore plus génial avec ce poste, c'est qu'il arrive des fois des trucs assez incroyables, qui font toujours office d'anecdotes sympas une fois la journée terminée. Ce soir, il était environ 19h, un ado qui devait avoir 16-17 ans rentre en trombe dans le restaurant, fonce vers ma caisse, tout affolé, et me tend un billet de 20 en me demandant si je peux lui filer des billets de 5 à la place. Vu qu'on n'a pas trop le droit de faire de la monnaie, je hèle le manager qui était juste à côté, et le jeune homme renouvelle sa requête. Le manager commence à lui expliquer qu'il ne peut pas lui filer des billets de 5, puisqu'on n'en a presque plus, mais qu'il peut lui donner des billets de 10 s'il veut. L'ado a l'air catastrophé, il insiste, il veut des billets de 5, on lui dit que non, c'est pas possible, tu comprends les mots qui sortent de ma bouche ?, des billets de 10 oui, de 5, non. Finalement, après une rapide bataille intérieure qui se lit sur son visage, il accepte. Le manager prend le billet de 20, ouvre la caisse, sort deux billets de 10 et les tend au jeune homme. Celui-ci les prend, fait mine de partir, puis il s'arrête, nous fixe droit dans les yeux, et nous dit, texto : "C'est dommage, au lieu de m'acheter 5 euros de chichon, ben je vais m'acheter 10 euros de chichon." Et il se retourne et fonce vers la sortie sans demander son reste. Avec le manager, on est restés comme deux cons, on s'est regardés, et on a explosé de rire. Je ne sais pas si vous imaginez la scène, mais c'était assez surréaliste...
Et au final, le bilan de la journée, ça n'était pas tant la fatigue que j'aurais pu attendre, par contre j'ai eu super mal aux jambes et aux pieds pendant toute la soirée... Il faut que je reprenne l'habitude.
Enfin bref, voilà... Tout ça pour dire que la caisse, c'est mon dada. Maintenant vous n'avez plus qu'à croiser les doigts pour moi pour que je m'y retrouve le plus souvent possible. Ou à envoyer des ondes mentales aux managers pour qu'ils m'y placent, ça peut marcher aussi... On verra bien...