Mes ondes dans ta face
J'ai un téléphone portable. Depuis quelques années déjà. Au départ j'ai bien essayé de résister mais c'est un peu comme vouloir continuer à prendre le cheval plutôt que le train : c'est sympa mais c'est bien moins efficace et moins pratique. Et quand on s'est habitué au train, le pauvre cheval, il reste dans son box.
Ceci dit, dans ma pseudo-résistance contre l'incroyable phénomène du téléphone portable (vraiment pseudo, hein), je reste attaché au principe fondamental que le téléphone portable est avant tout un téléphone, une petite chose qu'on met dans la poche certes, mais dont la fonction est de pouvoir téléphoner. Et recevoir des appels. Et éventuellement (mais c'est bien pour vous faire plaisir) envoyer et recevoir des SMS (bon ok les SMS c'est quand même super bien aussi). Tout ça pour dire que mon téléphone portable est et a toujours été un modèle de base. Pas d'appareil photo, pas de clapet, pas de truc qui glisse kikoolol, pas d'écran couleur (bon si ok pour le dernier j'étais obligé), pas de MMS, pas de tribande, pas de machine à café intégrée. Un bête truc avec un écran et des touches, quoi. Un téléphone.
Un autre truc que normalement vous devez déjà savoir sur moi, c'est que je prends le métro. Et le métro (attention, ça va être une grosse révélation), c'est souterrain. Du coup, dès que je descends dans une station, ou pire, quand je suis dans une rame entre deux stations, mon téléphone ne capte pas du tout. Même pas une petite barounette de rien du tout. Nada. Niente.
Et pourtant, des fois, dans le métro, il y a des gens qui parlent dans leur portable. Alors là je me dis, il y a deux solutions : soit ce sont des gros mythomanes qui font croire à tout le monde qu'ils ont des amis en parlant via téléphone à un interlocuteur imaginaire au milieu du métro, soit ce sont des gens avec des téléphones portables qui captent dans le métro. Et malgré le fait que je suis convaincu qu'il y a bien plein de gens mythomanes dans le métro et ailleurs, dans ce cas particulier je pencherais plutôt pour la deuxième solution.
Ce qui implique quand même une chose : les petites ondes qui arrivent et qui repartent de leurs téléphones parviennent quand même à traverser la carcasse métallique du métro, et encore plus fort, les un ou deux mètres de terre et de béton qu'il y a entre le métro en lui-même et la surface.
Une fois que j'en suis arrivé à ce raisonnement, généralement j'essaie de penser à autre chose, à ma dernière prestation à Guitar Hero, aux BD en retard que je dois m'acheter, à ce que je vais bien pouvoir raconter dans le prochain article de mon blog... Parce que je n'ose pas vraiment imaginer ce que des ondes qui peuvent traverser aussi facilement un tel "blindage" peuvent faire à mes petites cellules à deux ou trois mètres de distance. Sans parler du facteur multiplicateur si on considère tous les gens de la rame qui ont un téléphone portable sur eux.
Non, c'est un peu comme la fonte de la calotte polaire, la disparition imminente de plusieurs espèces animales menacées ou l'augmentation exponentielle du nombre de cancers dans nos pays industrialisés, c'est le genre de choses auxquelles on n'a pas vraiment envie de penser.
Et puis de toutes façons, on n'y peut rien, pas vrai ?..