Jamais sans ma fille

Publié le par SebO

Ce soir, sur France 2, il y avait Envoyé Spécial. Alors en fait je mens puisque cette émission est diffusée le Jeudi et que là présentement on est Dimanche après-midi, mais je vous demande de faire un petit effort intellectuel et de faire comme si on était Jeudi soir. Ou au pire Vendredi matin, mais c'est bien pour vous faire plaisir. Le fait est que j'ai abandonné mon pauvre blogounet quelques jours. Mais me revoilà.

 

Et donc, Envoyé Spécial. En fait je n'ai pas regardé l'émission, je n'en ai même pas vu plus de 10 minutes, mais je tenais quand même à faire un article sur le peu que j'avais vu.

Alors que je mangeais, donc, je tombe là-dessus en zappant. Curieux de connaître le sujet du reportage, je laisse tourner un peu, et j'entends le témoignage d'une jeune femme. Elle explique qu'il y a environ 1 an et demi, si ma mémoire est bonne (c'était il y a trois jours quand même   :p), elle rentre chez elle après une journée de boulot et elle trouve sa fille, un an, avec un bleu sur la joue. Un peu affolée, elle emmène sa fille à l'hôpital pour la faire examiner. Suivant la procédure, les urgentistes contactent les services sociaux. Ceux-ci interrogent le père de la petite, qui avoue rapidement. A l'époque apparemment il avait des problèmes de boisson, et la petite l'avait réveillé pendant une sieste. Et là, il l'avait frappée, ce qui, vous en conviendrez, est difficilement pardonnable. Mais à cause de cet incident, la petite a été immédiatement placée en centre par les services sociaux. Sa mère, qui ne lui avait rien fait, n'avait plus le droit de la voir qu'une heure toutes les semaines, puis toutes les deux semaines, les services sociaux prétextant un planning serré. Pire, cette jeune femme a eu un deuxième enfant un an plus tard, qui a été immédiatement placé par les services sociaux, et que ses parents n'ont pas le droit de voir.

Le reportage suivait la jeune femme alors qu'elle était convoquée par les services sociaux (c'était en caméra cachée). L'employée des services sociaux la fait asseoir dans le bureau, s'installe et sort une feuille de papier qu'elle commence à lire. En gros c'était le rapport d'une assistante sociale qui s'occupait de la petite avant et après les visites de sa mère. Visiblement le rapport disait que la fillette avait un comportement erratique et violent à chaque fois après le départ de sa mère. La jeune femme essayait d'expliquer qu'effectivement, à chaque fois la séparation était difficile pour la mère comme pour l'enfant, et que la fillette exprimait à chaque fois la volonté de retourner avec sa mère (ce qui semble assez naturel). Après un interrogatoire aux frontières du réel, l'employée des services sociaux explique à la mère médusée que dans ces conditions il vaut mieux qu'elle ne voie plus du tout sa fille jusqu'à nouvel ordre. Plus de visites. Voilà. Au suivant.

Je n'excuse rien du tout, que ce soit le comportement violent du père (il aurait pu recommencer, mais il se trouve quand même qu'il a arrêté de boire depuis un an et qu'il a trouvé du travail depuis) ou dans un autre registre la femme dont on a entendu parler il y a quelques jours et qui a poignardé le juge qui lui annonçait le maintien en placement de son enfant de trois ans. Rien ne justifie un tel geste. Enfin, rien de censé. Mais pour revenir au cas décrit dans le reportage, je pense que si j'avais été à la place de la mère, et qu'on m'annonçait qu'on m'interdisait de voir mon enfant pour une durée indeterminée, sous prétexte de raisons complètement fallacieuses... je ne suis pas quelqu'un de violent, loin de là, mais j'espère qu'on sera au rez-de-chaussée parce qu'il est possible qu'une personne des services sociaux passe par la fenêtre.

Dans le même reportage, on apprenait qu'environ un enfant sur cinq seulement était placé pour cause de maltraitances. Les autres ? Raisons diverses et variées, certaines très floues. On apprenait aussi qu'une simple lettre anonyme de dénonciation pouvait mener à un placement direct d'un enfant, sans aucune enquête préalable, par soi-disant principe de précaution... Ca fait froid dans le dos. Et bien sûr ensuite le processus pour prouver son bon droit et récupérer son enfant est long et fort compliqué...

Alors attention, je ne dis pas que les services sociaux sont des gros vilains pas beaux, certains enfants sont vraiment en danger et ils les aident (je pense) du mieux qu'ils peuvent, mais le genre d'abus décrits dans le reportage me semble tellement incroyable...

Bref ça m'a tellement énervé que je ne suis même pas allé jusqu'au bout du reportage. J'ai changé de chaîne, en me disant que ça ne servait à rien de m'énerver tout seul dans mon coin.   :p

 

Mais voilà, quand un juge pour enfants se fait poignarder (encore une fois acte extrême et difficilement justifiable), notre cher président lance à la va-vite un projet de renforcement de la sécurité des magistrats. Normal. Ca pourrait être pas mal aussi qu'il se penche sur le pourquoi du comment (ou comment chercher les clous plutôt que claquer des rustines à tout va), et au passage sur les abus apparents des services sociaux...

 

'tain c'est malin j'ai écrit cet article, maintenant je suis à nouveau tout énervé...   :p

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Publié dans De tout et de rien

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L
Et oui il allait s'y attendre en votant Sarko on est entré dans la France de répression et non d'éducation. Mais y a qu'un président qui se bourre la gueule au G8 avec Poutine une pire pourriture qui massacre les tchétchènes pour croire qu'en mettant un flic derrière chaque français le pays va marcher droit. Même les politiciens ne respectent pas le sommet du G8 qui est censé tout de même accorder les grands pays industrialisés sur des sujets importants à l'échelle modiale. Et en plus notre président sympatise avec le deuxième pire mec présent. Je suis pas étonnée de son comportement et de sa politique de merde. Voilà mon coup de gueule à moi, moi aussi jsuis toute énervée. On a signé un pacte de 5 ans avec le supo de satan. Vive la FRANCE et les Français! (c'est pas hironique c'est un cri d'espoir on est peu être pas perdus)
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S
Coucou véhémente Leyloo, bienvenue à toi dans le coin.   :)Et réjouissons-nous de la moindre victoire des bleus aux législatives, c'est toujours ça de gagné.   ;)
J
"Pas d'accord : la bonne femme dans l'émission ne fait que respecter à la lettre la législation." Désolé mais non. Faut pas déconner, même si la loi est loin d'être bien ficelée à ce niveau, il ne faut pas lui mettre tout sur le dos. Pour le coup, je suis certains que d'autres auraient un comportement différent. C'est juste une histoire de faire son boulot "en son âme et conscience". Ce qui est loin d'être facile, je te l'accorde. C'est comme un médecin qui doit appeler les services sociaux, c'est une décision à bien peser.Ensuite je n'ai JAMAIS dit que si ça allait mal, c'était de la faute des fonctionnaires. Tu déformes totalement mes propos. J'ai juste dit que si un fonctionnaire travaillait mal, on ne pouvait rien faire. Ce qui peut avoir des conséquences fâcheuses. J'ai jamais opposé un salarié du privé à un fonctionnaire, on a tous nos galères. Je dis juste que le système est profondément mal fait et injuste.Y'en a qui militent pour la sauvegarde des avantages sociaux des fonctionnaires comme la garantie de l'emploi. Ben je suis désolé mais moi je pense le contraire. Je suis super respectueux du travail des fonctionnaires en général et des profs en particulier. Mais par contre, j'estime :- que faire le même boulot toute sa vie est risqué surtout quand tu ne l'aimes pas des masses- que le fait de ne pas pouvoir virer quelqu'un est dangereux économiquement et socialement"On attend quand même mieux de toi."Désolé de dire ce que je pense hein ;0)Sinon, pour l'anecdote, il y a plein de gens qui font du service à la personne et qui ne sont pas fonctionnaires, heureusement. Le tertiaire fait vivre suffisamment de monde sans que l'Etat intervienne, heureusement!Pour ce qui est du changement de perspective quand on a des enfants, je suis tout à fait d'accord avec toi.En revanche, RIEN ne justifiera jamais à mes yeux le fait qu'on batte ses gosses ou sa femme. Ni l'alcool, ni la pauvreté, ni une enfance malheureuse. Tu pourras toujours rejeter la faute sur le système... Il n'empêche que que le gars qui frappe un gamin, c'est avant tout sa faute. Ce qui n'exclut bien évidemment pas qu'il change, chacun a bien entendu droit à une 2e chance.Dans l'histoire toutefois, je suis à 100% d'accord avec vous pour le côté abusif de ce qui arrive à la mère. Avoir des idées différentes des vôtres ne m'empêche pas d'avoir (un peu) de coeur quand quand même ;0)(même si je suis un sale enfoiré de capitaliste banquier lol)
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A
ps : je crois qu'on devrait surtout tous revenir en parler quand on aura chacun des enfants. Car voir sa propre vie partir en vrille (avec responsabilités personnelles ou pas) et ses enfants avec, et tomber plus bas chaque jour financièrement et affectivement, devenir alcoolique, violent, ou impuissant en entraînant sa famille avec soi, sans espoir d'aide du système à l'horizon, je crois que personne ici y compris moi ne peut faire de commentaire dessus ni porter de jugement ("il l'a frappée c'est mal, gros connard" "elle a qu'à faire avec, c'est ça faute après tout" "ça arrive, c'est comme ça"). Retournons donc à nos vies bien privilégiés et reparlons-en quand chacun d'entre nous saura ce que "avoir des enfants" et/ou  "être dans la merde" ou "galérer" veut vraiment dire   :)
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A
Pas d'accord : la bonne femme dans l'émission ne fait que respecter à la lettre la législation. Donc objectivement elle fait bien son taf. Après son tord sera 1/ de ne pas aller au-delà pour faire bouger les choses 2/ dans l'absolu de rester à un poste aussi dégueulasse.Mais, elle n'est pas payée pour faire tout ça. Elle est juste payée pour faire son taf. Si elle était dans le privé, son patron pourrait pas la virer non plus (sauf licenciement abusif).Décidément le gouvernement fait bien son boulot.... "- Cette institution va mal" "-C'est parce qu'elle est gérée par des fonctionnaires".Les fonctionnaires sont des salariés comme les autres. Des glandeurs et des profiteurs du système non punis, t'en as dans les deux "camps" (opposition sémantique guerrière très courue par la droite). Tu en sais quelque chose je crois.De plus tu es hors sujet. Les pseudo-débats pré-présidentiels t'ont monter la tête.Le "c'est la faute des fonctionnaires", on l'entends au marché du village, au bar PMU autour d'un pastaga ou au camping et dans certaines sphères jet-set. On attend quand même mieux de toi.Le jour où il n'y aura plus de fonctionnaires, et que vous n'aurez en face que des commerciaux ou employés qui ont la pression du rendement et non du service à la personne, vous irez pleurer tous seuls. Etre au service des gens et de l'état, c'est chiant et pas motivant, certes. Mais il en faut...Débat clos pour moi, ce n'est pas le sujet ici. L'institution judiciaire est défaillante, et au lieu de payer des chiens de garde (agents de sécurité, pétasses sans coeur), ce gouvernement ferait mieux de se demander ce qui est en train de pourrir dans ce pays. Ca sent le rat mort.
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J
Mais sérieux Seb, si le reportage dit vrai et que la dame en question est vraiment la pire des connes, actuellement le SYSTEME fait qu'on ne peut pas la virer. Et qu'elle continuera à faire sa crapule ad vitam eternam à moins qu'elle fasse vraiment une faute grave (faut le faire exprès).Dans le privé, elle serait sans doute virée depuis longtemps...Parce que si le débat porte en partie sur le juste milieu et le principe de précaution (ce qui est très délicat), il porte aussi sur les gens qui gèrent ça au quotidien.Quand "une institution importante ne se porte pas au mieux", tu peux certes crier sur la direction mais tu peux aussi te poser des questions sur ses membres. En l'occurence, les gens qui gèrent ces problèmes au quotidien.Un peu comme certains flics qui commettent des abus. Comme certains profs qui font n'importe quoi. Ben là, y'a des assistantes sociales qui partent en vrille.Peut-être aussi que le fait d'avoir un métier à vie est aussi problématique (je suis pas sûr qu'on puisse être vraiment efficace à faire la même chose pendant 40 ans...).Tu parles des causes. Les causes, elles se situent aussi à ce niveau-là... (outre celles abordés plus haut mais je vais pas faire de la redite)
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