Et non, vous ne rêvez pas... Sous vos yeux ébahis, voilà le grand retour des expressions mal orthographiées. La dernière datant du 14 Mai, je me suis dit qu'il fallait vraiment faire quelque chose. Pour ceux qui étaient déjà là à l'époque (ça nous rajeunit pas tout ça), vous vous souvenez sûrement qu'à l'issue de la neuvième expression mal orthographiée j'avais lancé un petit "concours" pour que la dixième soit une oeuvre de votre composition (pas de raison que ce soit toujours les mêmes qui se triturent la cervelle...). Au final, en un peu plus de 5 mois, j'ai reçu... une proposition (je remercie l'auteur qui se reconnaîtra), ce qui vous en conviendrez est un peu léger pour faire une véritable sélection. Du coup, pour ne pas non plus que ce magnifique concept tombe dans l'oubli le plus total (je les aime bien mes ptites expressions moi), j'ai décidé de reprendre du poil de la tête et de vous livrer dès aujourd'hui le dixième opus, made in SebO.
L'expression mal orthographiée du jour est : "Tant va la cruche à l'eau qu'à la fin elle est prise".
Imaginons maintenant une jeune femme avec qui Dame Nature a été des plus généreuses, une sorte de créature céleste, réincarnation d'Aphrodite, bref, une bombe (ni latine, ni platine, merci), comme on dit par chez nous. Le problème c'est qu'après avoir façonné tout ça, Dame Nature manquait un peu de matière première pour remplir le crâne de cette créature de rêve. Elle fit donc tout son possible, puis se dit qu'avec un physique comme ça, de toutes façons, le fait que la charmante demoiselle soit bête comme ses pieds (qu'elle avait parfaits) n'était pas très grave (et ouais, c'est qu'elle s'y connait un minimum en nature humaine quand même Dame Nature).
Notre magnifique héroïne (ai-je précisé qu'elle était blonde ? Ben oui parce que sinon c'est pas drôle...), habitant près de la mer, adorait aller s'y baigner tous les après-midi ("J'adooore aller nager avec les dauphins, c'est comme si je suis un poisson moi-même, hi hi hi hi hi ! Des fois même ils me disent bonjour avec leurs pattes !"). Et, étrangement, chaque jour, en début d'après-midi, on voyait se masser autour de la petite crique une population masculine complètement dénuée d'intérêt, qui venait là qui pour écouter le son des vagues, qui pour faire des mots croisés, qui pour faire des châteaux de sable, qui pour faire un exposé sur la moule dans son milieu naturel...
Et chaque jour, quand la naïade arrivait sur la plage en courant, les mains en l'air, avec un maillot de bain dans lequel même Pamela Anderson aurait eu l'air d'un gros sac de patates, il n'y avait soudain plus un son (à part les "Hi hi hi !" de la principale intéressée), et tous les regards se tournaient dans la même direction. Mais aucun des jeunes galants n'osait faire le premier pas, tous subjugués qu'ils étaient par une telle beauté.
Et puis un jour, l'un d'entre eux, n'y tenant plus, approcha la belle et commença à lui faire la cour sur la plage. Répondant par un "Hi hi hi !" de circonstance et un mouvement de tête qui fit valser ses cheveux qui le valaient bien, notre blonde tourna le dos à son soupirant et se jeta à l'eau. Ce dernier, dépité, regagna ses pénates et ne revint plus jamais.
Mais le lendemain, puis les jours suivants, les prétendants s'enhardirent et se firent de plus en plus pressants. Les plus astucieux, laissant les débutants se faire refouler les uns après les autres, attendaient en retrait et observaient les réactions de la belle, notant ce qui semblait lui plaire, ou l'intéresser. Petit à petit, à chaque fois qu'elle venait se baigner, elle révélait un peu plus de sa... euh... personnalité (?), et c'est ainsi qu'au fil des jours, le plus patient de tous finit par tout savoir de ce qui faisait craquer la créature de ses rêves.
Dès le lendemain, usant de mille subterfuges, il déclara sa flamme et fit fondre le coeur de l'ingénue, conquise et sans défense. Et depuis ce jour, c'est ensemble, main dans la main, qu'ils vont se baigner chaque jour, et plus personne n'observe les amoureux, si ce n'est les dauphins ("Hiiiiiiiiii, des dauphins !").
Au final, tout n'est question que de temps et de patience, et fatalement tant va la cruche à l'eau qu'à la fin elle est prise...
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