Quel est pour vous le pire bruit qui puisse exister ? Pas forcément le plus fort ou le plus aigu, non, le pire. Vous vous êtes déjà posé la question ?
Perso, j'ai expérimenté "mon" pire bruit encore hier soir, alors je m'en souviens plutôt pas mal.
3h35 (oui, ok, c'était pas hier soir, c'était ce matin, et gnagnagna... chut, c'est moi qui raconte). Après une soirée fort sympathique avec des gens, avec au programme pizza, jeux et bêtises en tout genre ("Tu veux un copain, j'ai une colique ?"), puis un petit passage obligé sur mon PC adoré, je me dis qu'il est temps d'arrêter les frais et de me glisser sous ma couette non moins adorée.
3h37. Je pose la tête sur mon oreiller et je ferme mes petits yeux tout engourdis de sommeil après une duuure journée.
3h38. Je rouvre les yeux soudainement. J'ai cru entendre quelque chose, mais je ne suis pas sûr... pourtant je connais bien le bruit... je tend l'oreille, à l'affût... je décolle même légèrement la tête de l'oreiller pour libérer l'autre oreille et optimiser mes chances... et là, le doute n'est plus permis. Ca n'est pourtant pas la saison ! Mais le bruit est bien là, et il varie d'intensité, signe caractéristique. Dzzzzzzzzz... Non, tout mais pas ça, pourquoi tant de haine, vade retro mosquitos !!!
Dans ce cas-là, trois approches, la guerilla urbaine, les frappes chirurgicales au hasard et la passivité.
La guerilla urbaine consiste à allumer la lumière, de préférence la lampe de chevet, à se mettre debout sur son lit ou au milieu de la chambre avec une pantoufle, un bouquin, ou mieux, un journal roulé, et à guetter. Là commence une guerre des nerfs entre l'homme et la bête. Le chasseur devient chassé. Mais là, deux options : soit vous avez un moustique qui débute dans le métier, il a eu son diplôme la veille, ou pire c'est son épreuve pratique, enfin bref, c'est un noob. Il va voleter entre murs et plafond, voire se poser bien en évidence sur un fond blanc. Et là paf, ni une ni deux, vous avez un nouveau motif sur votre mur, un sourire satisfait, et vous pouvez vous rendormir tranquille. Soit vous avez un vieux de la vieille (ou plutôt une vieille de la vieille vu que c'est les femelles qui nous réveillent en pleine nuit et qui nous sucent le sang, les mâles ils sont pas fous eux ils se contentent de sève, ils savent bien qu'avant qu'un arbre arrive à les scratcher contre un mur d'un coup de branche, il faudra un petit peu d'évolution encore), style instructeur, c'est la femme-médecine du village moustique quoi, et alors là... Je sais pas, peut-être que les moustiques ont inventé une combinaison furtive dans notre dos, ou alors il existe un ordre de ninjas, toujours est-il que vous êtes là, comme un con/une conne (ne soyons pas sexiste), debout, un truc à la main, en train de regarder dans tous les coins, l'oreille grande ouverte et la truffe au vent, pendant que la bestiole se terre sous votre oreiller, ou se déplace de temps en temps juste ce qu'il faut pour que vous l'entendiez un peu et que vous n'abandonniez pas la lutte, pasque franchement, ça le fait bien marrer, tout ça, le moustique. Le problème de cette option est aussi que si vous n'êtes pas seul dans la pièce, la réaction de la personne avec qui vous partagez le lit pourra aller de "'tain mais éteins cette lumière et arrête de sauter dans tous les sens, t'as vraiment l'air débile ! Et laisse-moi dormir !" à une aide précieuse :
"Rien dans le quadrant Nord Nord-Est. A vous.
- Roger.
- Non moi c'est Sébastien.
- Ah pardon."
Au final, résultat de la manoeuvre, en fonction de l'intelligence de la bête, soit un épilogue rapide et heureux (enfin pour vous, parce que pour le moustique c'est tout aussi rapide mais...), soit une frustration croissante qui pourra si on n'y prête pas attention vous mener chez les messieurs en blanc : "Mais puisque je vous dis que j'ai entendu quelque chose ! LA, DERRIERE VOUS, JE L'AI VU, IL M'A TIRE LA LANGUE ! Rhaaaaa...."
La méthode des frappes chirurgicales au hasard allie flemme et volonté de représailles quand même un peu. En gros vous attendez d'avoir le bruit bien prêt de votre oreille et là, paf, grosse baffe dans la gueule (la vôtre, souvent, mais pas celle du moustique). Généralement vous n'entendez plus rien pendant un moment parce que 1) vous avez l'oreille en feu 2) le moustique doit reprendre son souffle un peu, après s'être marré comme une baleine. Et puis ça recommence... Résultat des courses, des traces de coups partout sur le visage le lendemain matin, et une frustration croissante (voir plus haut).
Enfin, la passivité. Pour cela, soit vous avez suivi un entraînement chez les moines zen, entraînement souvent à base de compliments ("Oh, zen beaucoup c'que vous faites !"), soit vous jouez tout sur un postulat précis : le moustique préfèrera vous bouffer les pieds que le cou (oui, en gros, il faut espérer tomber sur un moustique pédophile). Ensuite, tout consiste à se dire : "Les boutons, j'm'en cogne. Le bruit, ah ah, j'm'en tamponne. Je veux dormir, et je dormirai !", à se détendre, et à se laisser sucer (oh oh oh, coquinous) à tout va. Par contre après le lendemain faut assumer. Point de frustration, mais des démangeaisons...
Cette méthode peut aussi être utilisée en fourbe quand vous avez la chance de dormir avec ce qu'on appelle communément un aimant à moustiques. Il y a des gens, comme ça (et bien sûr, j'en fais partie, la vie ne serait pas drôle sinon), vous pouvez dormir à 12 dans une pièce, les moustiques iront toujours boulotter le/la pauvre dont la peau attire les moustiques à des kilomètres comme le miel attire Winnie. Il paraît que c'est parce qu'on diffuse plus de CO2... j'ai eu beau chercher j'ai toujours pas trouvé le bouton pour régler ça. Et inversement, étrangement, quand vous êtes dans ce cas, vous avez plus souvent tendance à vouloir buter ce %!§$#& de moustique, parce que vous savez que si vous ne faites rien, vous allez vous faire dévorer. Alors que les autres, forcément, ils s'en foutent... :p
Enfin bref, tout ça pour dire que vu le bruit étrange (un peu plus fort qu'un moustique, comme si le truc était plus gros), la saison (là les moustiques hivernent, un peu comme les ours, mais pas pareil), et l'heure tardive, j'ai choisi la troisième option. Du coup je me suis vite endormi et ce matin, 0 bouton. Gagnant à 100%. Encore une victoire flagrante de l'homme sur l'animal, et ouais...
Qu'ils z'y viennent, les moustiques, même pas peur ! Bande d'Culex ! Ah ah !
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Dans quelques mois, un soir : Dzzzzzzzzzz... Et merde...
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